Coup de tonnerre de Brest

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Le rendez-vous aurait dû être dominé par le grand sujet du moment, le Brexit, dont « l’ombre d’un no deal continue de se profiler », selon les propres termes de la présidente (EELV) de la commission Transports et Tourisme au Parlement européen, Karima Delli, alors que le parlement britannique doit encore se prononcer. Mais il a coïncidé avec la présentation de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), la feuille de route du gouvernement à horizon 2028, qui a été maintes fois ajournée. C’est de là qu’est venu le coup de tonnerre le plus retentissant, à la suite du discours de François de Rugy, le ministre de la Transition écologique. Ses annonces d’un développement très limité de l’éolien posé et flottant en France avec, dans la meilleure hypothèse, 5 GW en service en 2028, au lieu des 10 GW proposes par les professionnels, ont provoqué une vive réaction, les régions maritimes et les industriels évoquant même « un scénario catastrophe » qui « exclurait le pays de facto de la dynamique internationale de l’éolien en mer ».

Amendements européens

Le président de la région Bretagne, qui investit actuellement 220 M€ dans ce domaine à Brest, ses homologues de cinq autres, ainsi que France Énergie Éolienne, le Syndicat des énergies renouvelables et le Cluster maritime français, ont demandé au gouvernement de revoir la copie (a minima 1 GW par an) et à être reçus « au plus tôt ». La députée européenne Karima Delli a pour sa part exhorté les ports à répondre massivement aux appels à projets lancés par Bruxelles dans le cadre des interconnexions pour les liaisons transfrontalières (elle évoque une enveloppe de 65 M€ pour l’ensemble des pays européens). Elle a par ailleurs annoncé que des amendements réintégrant les ports français pour la liaison avec l’Irlande pourraient être adoptés le 10 janvier par le Parlement européen. Une bonne nouvelle pour les ports bretons, qui seront les plus proches de l’Irlande à l’issue du divorce et ont multiplié ces dernières semaines les rencontres avec les responsables irlandais. Une démarche d’autant plus pertinente que le parlement européen a pour la première fois intégré Brest et Roscoff dans le corridor Atlantique relié à l’Irlande. Jean-Marc Roué, président d’Armateurs de France, par ailleurs à la tête du conseil de surveillance de Brittany Ferries dont 80 % des recettes sont perçues en livres sterling, craint pour sa part les conséquences d’une chute de 25 % de la monnaie anglaise, envisagée par les milieux financiers.

La question de la pêche est elle aussi en suspens. Quotas ou accès réciproques aux zones de pêche… un refus des Britanniques d’accéder à leurs eaux entraînerait un boycott des produits de leurs pêches. Un accord « perdant-perdant », selon Hubert Carré, directeur général du comité national des pêches maritimes.

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