Si l’un des objectifs clefs du dispositif qui a réduit le nombre d’autorités portuaires au nom de la rentabilité et de la compétitivité s’est avéré une bonne opération, en revanche, un certain nombre de points « noirs » n’a pas encore été éclairci. À commencer, par l’autonomie financière des ports, la réorganisation des ressources sur une base concrète et, la mise en valeur de certains sites importants comme Gioia Tauro qui pourrait aider à la relance du Mezzogiorno, la région italienne défavorisée par excellence.
« Le port de la cocaïne »
Pour l’heure, les propositions de solutions sont gelées, le gouvernement actuel n’étant plus totalement opérationnel depuis que le président de la République conformément à la Constitution a dissous les deux chambres au terme de la législature. Les prochaines législatives auront lieu le 4 mars prochain et la nomination d’un premier ministre devrait être annoncée dans la foulée des résultats, c’est-à-dire aux environs du 7/8 mars. Du coup, les agents maritimes préfèrent peaufiner leur cahier de doléances qu’ils présenteront à leur prochain ministre des Transports et des Infrastructures courant avril. On sait déjà que la question du port de Gioia Tauro dont l’image est plombée par sa mauvaise réputation, sera évoquée. Rebaptisé le port de la cocaïne en raison du nombre de cargaisons dépistées par les forces de l’ordre, la police multiplie les inspections à bord des navires au rythme de 1 200 par mois contre 7 dans le port du Pirée. Pour les agents maritimes, cette situation pénalise les activités portuaires et en rebond toute l’entre-terre et les activités de sous-traitance.
Autre question importante: Venise, la ville-musée. Les agents maritimes réclament la mise en place d’un plan de renforcement des activités stratégiques pour toute la région en termes de retombées économiques. Cela veut dire, faire bouger l’économie en stimulant les investissements et en réglant surtout, le problème du report des paquebots hors de la lagune, une discussion qui traine désormais depuis trop longtemps. Sur le plan industriel, Venise représente 14 000 emplois dans la zone de Porto Marghera, 2 000 à Chioggia, 4 500 au chapitre des croisières et 1 034 entreprises. Un patrimoine industriel et économique important, plus essentiel qui doit être mis en valeur estiment Federagenti en réclamant notamment un effort au niveau des croisières, le secteur ayant perdu quelques 300.000 passagers l’an dernier avec la guerre des paquebots. Dans leur cahier de doléances, la fédération a aussi inscrit le nom du port de Tarente (Pouilles) pénalisé par la lenteur de la reprise industrielle.
La fédération a également annoncé la création d’une maison commune de la mer et des ports qui devra être insérée dans la Confcommercio, la confédération du commerce. Une sorte d’entité juridique qui ne soit ni une association ni une fédération – la forme doit encore être trouvée – pour coordonner la filière des opérateurs et des entreprises liées au monde de la mer. Mais ce projet risque de susciter les critiques notamment du coté des syndicalistes qui réclament au contraire une diminution du nombre d’associations, représentations et fédérations pour éviter la dispersion selon le mot d’Amedeo Genedani, patron d’Unatras. Cette entité qui n’a pas encore de forme en revanche a un nom, Confmare et un coordinateur national Gian Enzo Duci, président de Federagenti. Au moment de conclure les travaux de l’assemblée, un message important a été envoyé au gouvernement actuel mais aussi, au prochain exécutif qui devra prendre le timon du paquebot Italie à partir de la mi-mars. Un message réclamant des engagements clairs et ponctuels pour mettre en valeur un secteur essentiel de l’économie italienne. « Le président du Conseil devrait consacrer au moins 10 % de son temps sur les questions portuaires en raison de la valeur stratégique et économique de ce secteur » a affirmé Zeno D’Agostino, président de Assoporti, l’association des autorités portuaires italiennes et du port de Trieste. Reste à voir si cet appel sera entendu.