Avec une diminution de 11 % de son trafic fret sur le Détroit du Pas-de-Calais, le Grand port maritime de Dunkerque ne veut pas tirer des plans sur la comète pour l’après-Brexit.
En 2017, le Grand port maritime de Dunkerque a réalisé un trafic de 612 000 unités de fret, soit une baisse de 11 %. Les voitures de tourisme reculent de 9 % à 699 000 unités et les passagers perdent 8 % à 2,6 millions. Des chiffres qui doivent être analysés sur le long terme explique la direction générale du Grand port maritime. La crise migratoire à Calais a eu pour effet de reporter un grand nombre de trafic sur les installations dunkerquoises. Après la démolition de la « jungle » de Calais et les mesures de sûreté sur le port, le balancier s’est fait dans l’autre sens. Un certain nombre d’opérateurs sont repartis sur Calais après avoir choisi pendant les précédentes années le port de Dunkerque. « Quand nous analysons ces chiffres du Transmanche sur l’ensemble portuaire Dunkerque, Calais et Boulogne, nous voyons que les chiffres globaux sont en hausse », nous a confié le président du directoire du GPM Dunkerque, Stéphane Raison. Avec les négociations sur le Brexit en ligne de mire, la direction générale du port ne veut pas tirer des conclusions trop hâtives. « Il est difficile de se prononcer sur les conditions post-Brexit tant que nous n’avons pas les résultats des négociations », a continué Stéphane Raison. Le port septentrional n’attend pas sans rien faire. D’ores et déjà il réalise des travaux pour un nouveau parking qui sera livré avant l’été 2018. D’autres ouvrages seront réalisés pour contourner le terminal ferry. « Il s’agit de permettre une meilleure distinction entre le trafic ferry et le trafic conteneurs pour éviter que l’un ne gêne l’autre ».
Pour François Soulet de Brugières, président du conseil de développement du Grand port maritime, « Brexit ou pas, l’opérateur du port, DFDS, prévoit une croissance de 2 % de son trafic ». Outre ses fonctions portuaires, François Soulet de Brugières intervient aussi pour le groupe Mulliez. « En tant que chargeur je ne suis pas inquiet des conséquences que le Brexit aura sur le trafic Transmanche. Il ne faut pas oublier que les opérations de mises sous douanes se font au point de départ et non pas dans le port. » Alors il appartient surtout au port d’arrivée des camions pleins de décider s’il souhaite faire des contrôles sur les marchandises. Les trafics avec la Grande-Bretagne se font avec le tiers des camions à vide. Les deux autres tiers sont des unités pleines. « Il appartiendra donc au port de Douvres de décider s’il souhaite faire des contrôles. De plus, aujourd’hui les contrôles sont rares et cela ne devrait pas changer après le Brexit. »
Pour la direction du port, le point bloquant ne vient pas du Brexit mais surtout de la disponibilité de quais dans les ports britanniques pour développer de nouvelles lignes.
Et pour continuer à maintenir le position du port sur le Détroit du Pas-de-Calais, le GPM Dunkerque a décidé d’investir dans le terminal Transmanche. En 2018, le lancement de la troisième phase des travaux de renforcement des mesures de sécurité du terminal se verront attribuer une enveloppe de 4 M€. De plus, les développements sur les zones logistiques en arrière du terminal devraient aussi asseoir un peu plus le port comme une zone de logistique portuaire du Transmanche.