Le contrat a été officiellement signé le 22 janvier en présence du président du groupe Cosco, de Farid Salem pour CMA CGM, de la direction du port de Zeebrugge et du ministre fédéral belge Kristiaan Peeters. Le groupe Cosco contrôle désormais le grand terminal à conteneurs (devenu Cosco Shipping Port Terminal Zeebrugge) dans l’avant-port. Il a repris les 51 % qu’en détenait le groupe APMT (Maersk), les 20 % de Shanghai International Port Group et les 20 % de Cosco Shipping. Toutefois, la transaction a également impliqué une prise de participation très minoritaire de CMA CGM, à hauteur de 10 %. Le retrait du groupe Maersk est assez logique, ce terminal ne s’inscrivant plus dans sa stratégie. La grande conteneurisation va pouvoir évoluer différemment dans le port côtier belge. En effet, il est semble être dans les intentions du groupe chinois de considérer Zeebrugge dans une optique à long terme, en y réalisant un hub pour l’Europe du Nord. Une stratégie qui s’assimile en quelque sorte à celle en cours d’élaboration au Pirée.
L’opération s’inscrit dans cette politique liée au projet de Route de la Soie. D’ores et déjà, le groupe Changjiu a inscrit Zeebrugge dans un flux ferroviaire qui pour l’instant achemine des voitures Volvo à raison de 40 000 unités par an. De son côté, le négociant China Minmetals Corporation étudie l’implantation à Zeebrugge d’une plate-forme de distribution axée sur l’Europe.
Quelles pourraient être les incidences de cette présence chinoise sur les trafics conteneurisés à Zeebrugge? Jusqu’à présent CMA CGM fait office de leader dans Ocean Alliance, dans laquelle figurent, Evergreen, Cosco et OOCL. L’union entre Cosco et OOCL devrait porter ce nouveau groupe comme le meneur de cette alliance. C’est Cosco qui a insisté pour qu’un service soit à nouveau maintenu à Zeebrugge, le FAL1 de CMA CGM. Va-t-il insister pour qu’un autre service y soit dirigé? Dans l’immédiat c’est peu probable. Selon certaines informations il n’y aurait aucun changement pour Anvers, qui garderait les trois loops d’Ocean Alliance. Autre question; Cosco va-t-il générer à Zeebrugge plus de trafic que n’a pu le faire Maersk Line, et ne le fait CMA CGM? L’armement français fait son retour dans la manutention à Zeebrugge, après avoir, il y a quelques années, renoncé à sa participation de 35 % dans le terminal CHZ. Pour sa part, Cosco est impliqué dans d’autres terminaux sur le range. Il détient 20 % dans Antwerp Gateway et 30 % dans Euromax (Maasvlakte-Rotterdam). Donc trois ports distants chacun de 8 à 10 h de navigation en concurrence directe. Dans un premier temps, Zeebrugge serait utilisé comme hub pour le Royaume-Uni, voire la Scandinavie. Le terminal peut aussi intervenir pour repositionner des vides. Par ailleurs, il n’est pas impossible que l’on assiste à une mutation entre les services de l’Ocean Alliance. Le service de CMA CGM pouvant être remplacé par celui de Cosco qui va disposer d’une noria de PC de 20 000 à 21 400 EVP. À plus long terme, quand la Maasvlakte à Rotterdam sera saturée et si le projet d’extension d’une seconde darse à marée à Anvers se fait trop attendre, Zeebrugge peut jouer le rôle de troisième homme.