Le Grand port maritime de La Rochelle met tout en œuvre pour assurer la poursuite de sa croissance et vise désormais, « à moyen terme », un trafic de 12 Mt. Dans les toutes prochaines années, cela passe par quatre grands chantiers déjà évoqués au cours des derniers mois. La nouveauté est la concertation que lance le port sur ce programme. Selon une ordonnance du 3 août 2016, il est désormais possible d’engager « la participation du public à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement ». Cette participation est obligatoire quand les investissements en jeu dépassent les 150 M€, facultative quand ils se situent entre 50 et 160 M€.
Alors que ses chantiers portent sur 80 M€, le port a pourtant choisi de jouer la transparence et d’écouter tous les réactions, critiques, suggestions les concernant. Il est vrai que ses relations ont parfois été tendues ces dernières années avec les associations de riverains et celles de protection de l’environnement. « Quand un projet est mis à l’enquête publique, il est déjà ficelé », remarque Michel Puyrazat, président du directoire. « Là, nous lançons la concertation très en amont. » Elle sera suivie par un « garant » et son suppléant, qui ont été désignés par la Commission nationale du débat public.
Les chantiers prévus portent sur quatre sites du port. Les deux quais I et II de l’anse Saint-Marc, respectivement de 160 et 200 mètres, vont être prolongés par un troisième de 250 mètres. Il sera dédié à la manutention des colis lourds et disposera d’un terre-plein de 4 ha. Quelques mètres plus au nord, le casier de la Repentie va finir de se remplir pour laisser place à une plateforme logistique de 35 ha. Pour faciliter ses échanges avec l’anse Saint-Marc, le premier tronçon du viaduc qui mène au môle d’escale sera démantelé.
Plus au sud, un nouveau terminal sera aussi aménagé sur Chef de Baie, avec un quai de 250 mètres et un terre-plein de 6 ha. Là, l’objectif est de faire de La Rochelle un hub pour le trafic de la pâte à papier et d’y attirer les navires qui remontent aujourd’hui vers la Manche et la mer du Nord jusqu’à Flessingue. La marchandise repartirait ensuite vers les ports du sud de l’Europe par caboteurs.
Enfin, le dernier projet porte le dragage du chenal d’accès, le déroctage du bassin entre Chef de Baie et le quai Lombard, et le déroctage devant l’anse Saint-Marc III.