Cynique sinistre

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L’année a commencé avec le naufrage du Sanchi au large de la Chine le 7 janvier. Un bien mauvais présage pour cette nouvelle année. C’est une double catastrophe. D’abord et surtout à nos yeux, parce que les 32 marins de l’équipage du pétrolier sont portés disparus. Seuls trois corps ont été retrouvés sans pouvoir être identifiés précisément en raison de leur état. Ensuite parce qu’après une semaine de lutte contre l’incendie et les explosions, le Sanchi a fini par couler à plus de 110 m de profondeur laissant une nappe d’hydrocarbures de 300 km2. Et pourtant les autorités chinoises et certains spécialistes n’ont pas hésité à vouloir minimiser le danger dès les premières heures du sinistre. Le Sanchi transportant des condensats, hydrocarbures extrêmement volatils, le feu aurait dû les bruler. Il n’en fut rien. En outre, le navire disposant de 1 000 t de soutes, celles-ci se sont largement répandues en mer.

Après avoir combattu avec leurs moyens le sinistre, l’heure est aujourd’hui au bilan. Sitôt le sinistre appris et constatant le « peu de moyens » mis en œuvre, un groupement de marins iraniens s’est inquiété du « manque de coopération » des autorités chinoises. Des marins iraniens se sont rendus à Shanghai sans pouvoir accéder à l’épave. La médiatisation de ce sinistre a montré la capacité du gouvernement chinois à faire face à un sinistre de cette ampleur. Ont-elles menées les actions nécessaires ou fallait-il faire appel à d’autres moyens? La question reste entière mais trouve une première voie de réponse quand le Japon s’est vu répondre que « les autorités chinoises géraient l’affaire par eux-mêmes ». Dans la communication de ce naufrage, les chinois ont été parfois un peu cynique disant que la collision ayant eu lieu à plus de 160 miles nautiques, elle ne devrait pas toucher les populations côtières sans se préoccuper de la faune et la flore. Outre son aspect humain catastrophique, cette pollution est véritablement la première grande catastrophe pétrolière médiatisée au large de la Chine. Elle a fait office d’un examen pratique dont les résultats apparaissent peu encourageants. La recherche en responsabilité ne doit pas faire oublier d’en tirer les leçons. Le pire dans ce sinistre, comme l’a dit un expert en marée noire, c’est que cette nappe de pétrole reste minime par rapport aux déversements en provenance des fleuves chinois en mer de Chine. Cynique mais tellement vrai. Il faut savoir hiérarchiser les solutions à trouver et sans vouloir minimiser les conséquences du Sanchi, le transport maritime reste une aventure, peu importe les progrès technologiques. En mer, on ne triche pas et les chinois viennent de se le voir rappeler à leurs dépends.

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