Le malaise persiste pour les chantiers navals néerlandais. Pour la quatrième année consécutive, le carnet de commandes du secteur – aussi bien pour la demande intérieure que pour l’export – s’affiche en baisse, tant en valeur qu’en nombre. « Le faible niveau des commandes est devenu une source d’inquiétude », souligne le rapport d’activités de la branche Maritieme Monitor 2017.
Quant aux travaux de réparation et d’entretien des navires et des bateaux, leur ampleur s’avère de plus en plus modeste dans la perspective de réduire les coûts. « Si le niveau de sécurité n’est pas affecté par les dommages, ces remises en état sont repoussées autant que possible », constate de son côté Wim van Sluis, président de la fédération professionnelle Nederland Maritieme Land.
Sans surprise, cet assèchement des commandes s’accompagne d’un renforcement de la concurrence entre les acteurs qui se traduit par des tarifications au plus juste. Cette situation a notamment entraîné des réorganisations en chaîne au sein des principaux groupes du secteur, à l’instar des chantiers navals IHC et Damen.
« L’exercice 2016 s’est révélé particulièrement difficile. Mais, aucune amélioration de la conjoncture n’est à l’ordre du jour en 2017 », peut-on lire dans le Maritieme Monitor 2017 qui fait état des chiffres de l’année écoulée et des tendances à venir.
Plusieurs facteurs se conjuguent pour aboutir à cette conjoncture adverse. Ainsi la situation de surcapacité que traverse le transport maritime et qui donne lieu à une baisse des tarifs. Mais aussi les prix du pétrole qui ont eu tendance à se tasser. Sans compter les difficultés du secteur offshore qui pénalisent par ricochet l’activité des chantiers navals.
Une lueur d’optimisme toutefois avec le développement de champs d’éoliennes en mer susceptible de dynamiser l’activité des chantiers navals à moyen terme. À noter aussi une résurgence des commandes pour les constructeurs de yachts, notamment des modèles haut de gamme de plus de 100 mètres de long.
S’ajoutant à la faiblesse de l’activité, le secteur est par ailleurs confronté à un problème de renouvellement de son personnel alors que la masse salariale existante s’avère de plus en plus âgée. En l’état, nombre de postes de techniciens de haut niveau restent vacants du fait de la faible proportion de nouveaux diplômés dans ces branches aux Pays-Bas. C’est notamment le cas des demandes en électro-techniciens.