Une étude du FMI estime à 27 Md$ le coût de la restructuration du secteur sud-coréen

Article réservé aux abonnés

En guise d’exercice d’application d’un nouveau modèle d’évaluation des coûts et bénéfices de la restructuration de la dette des entreprises*, les deux auteurs de l’étude du FMI se sont « amusés » à estimer le coût de la restructuration de la construction navale sud-coréenne: environ l’équivalent de 27 Md$. Ce montant est à rapprocher des 10,4 Md$ que la banque publique Korea Development Bank et la Kexim Bank ont reçus du gouvernement pour renforcer leurs capacités, auxquels s’ajoutent environ 8,7 Md$ de capacité de ces deux banques à absorber des pertes internes. Ces montants sont « consistants », mais bien que la majorité des risques shipping et construction navale soient regroupés dans ces deux établissements, les banques privées et d’autres créanciers sont aussi exposés. Environ dix mille postes de travail « seulement » devraient être supprimés. « Bien moins que les vingt mille annoncés par certains experts ».

Un cas « intéressant »

La Corée du Sud est un cas « intéressant » pour étudier la pertinence du modèle d’évaluation, explique-t-on, car « après des années de croissance rapide, de nombreuses entreprises sud-coréennes fortement exportatrices doivent faire face au ralentissement économique mondial. La construction navale et le transport maritime sont particulièrement touchés. La production d’acier et la pétrochimie seraient en mauvaise posture si le ralentissement devait se poursuivre. Les industries à forts contenus technologiques, comme l’automobile et l’électronique, sont confrontées à une concurrence internationale croissante. Les vulnérabilités générées par l’endettement des entreprises sont fortes et le gouvernement est en train de définir des plans à mettre rapidement en œuvre pour restructurer les entreprises les plus fragiles tout en assurant aux salariés affectés par ces mesures une assistance sociale adaptée ». L’étude s’intéresse spécifiquement aux entreprises coréennes dont le ratio de couverture des intérêts est, depuis plusieurs années, inférieur à 1. En somme, les entreprises qui ne dégagent pas assez de résultat d’exploitation pour payer les intérêts de leurs dettes.

Si ce modèle d’évaluation devait être finalement validé, il faudrait vite l’utiliser pour estimer les chantiers de construction navale et les compagnies maritimes chinoises. Rappelons que l’audit commandé à McKinsey par le gouvernement coréen a recommandé de réduire de trois à deux le nombre de grands constructeurs de navires, tout en pointant du doigt Daewoo, société qui ne pourra se sauver seule.

Par ailleurs, la presse asiatique indique que d’ici à 2020, Samsung va réduire de près de 40 % ses effectifs de construction navale, actuellement d’environ 14 000 personnes, et que Daewoo les réduiraient de 20 %. Les effectifs totaux des trois grands chantiers pourraient chuter a 10 000 salariés d’ici à 2020, sauf relance de la demande, sans précision s’il s’agit des emplois directs et/ou indirects.

* Benefits and Costs of Corporate Debt Restructuring: An Estimation for Korea. IMF Working Paper; octobre 2016

Technique

Archives

Boutique
Div qui contient le message d'alerte
Se connecter

Identifiez-vous

Champ obligatoire Mot de passe obligatoire
Mot de passe oublié

Vous êtes abonné, mais vous n'avez pas vos identifiants pour le site ?

Contactez le service client abonnements@info6tm.com - 01.40.05.23.15