La conférence annuelle de l’Association européenne de la logistique des véhicules (ECG) a eu lieu les 20 et 21 octobre à Hambourg. Plus de 270 participants, un nouveau record, ont assisté aux débats sur la nécessité d’aller vers davantage de numérisation, seul moyen pour la logistique automobile d’assurer son essor à l’avenir. Et cela, même si cette filière connaît actuellement une reprise économique. « Le secteur de la logistique des véhicules doit suivre le rythme du développement technologique rapide et innovant de l’industrie automobile dans son ensemble. Il doit aller de manière accélérée vers les processus numérisés et le commerce électronique afin de répondre aux attentes des clients », ont expliqué les intervenants. Dans le cadre d’un groupe de travail où collaborent constructeurs automobiles et entreprises de logistique des véhicules, l’association ECG avance sur le sujet de la numérisation de la chaîne d’approvisionnement. Toutefois, cette démarche et la mise en œuvre de processus innovants sont freinées par une absence d’application uniforme de la législation européenne et internationale sur les documents électroniques de transport multimodal. « Cela constitue un obstacle à la mise en place d’une logistique de transport transparente et souple. » ECG a rappelé que le cadre législatif pour la numérisation des processus logistiques au sein de l’Union européenne (UE) est en place depuis 2011 avec le e-CMR Protocol des Nations unies. À ce jour, seuls la Suisse et dix États membres de l’UE ont ratifié ce traité international, « ce qui entrave considérablement l’évolution numérique du secteur de la logistique ». Ce protocole ne peut éliminer les processus papier que si tous les pays où transitent les biens l’adoptent. Il faudrait notamment que l’Allemagne, un pays majeur pour le secteur automobile et pour le transit logistique de véhicules, ratifie le texte.
Répondre aux besoins des clients
Aller vers davantage de processus numérisés et vers le commerce électronique est une question de survie pour la logistique des véhicules, ont souligné les intervenants. La logistique et le transport suscitent un intérêt croissant chez les investisseurs technologiques, à la suite du succès d’Uber ou du potentiel de la technologie de conduite autonome. Des start-up travaillent à la numérisation de la chaîne logistique globale, des opérations de douane, d’assurance, etc. La logistique des véhicules peut être menacée par ces entreprises. « Elle pourrait être la victime parfaite d’un algorithme, selon Wolfgang Göbel, président d’ECG. Il y a la place pour un tiers innovant qui pourrait intervenir et réécrire les règles dans la logistique du véhicule ». D’autre part, les clients ont l’habitude de temps de livraison très court sur des sites Internet comme Amazon, avec éventuellement d’autres services payants. Le moment où les clients vont vouloir personnaliser et acheter de nouvelles voitures complètement en ligne, choisir leurs lieux de livraison, y compris devant chez eux et dans des délais très courts n’est plus si éloigné dans le temps. L’industrie doit se préparer à répondre à de telles demandes. « Le secteur de la logistique automobile en Europe pourrait, de son côté, ouvrir la voie à de nouveaux services de première qualité, a estimé Wolfgang Göbel, président d’ECG. Si la numérisation peut constituer une menace pour certains aspects du secteur de la logistique automobile en Europe, elle offre également des opportunités de croissance et d’efficacité. »
ECG en bref
Depuis 1997, l’Association européenne de la logistique des véhicules (ECG) est « la voix de l’industrie de la logistique des véhicules finis en Europe ». Elle représente les intérêts d’une centaine de sociétés membres de toutes tailles. Celles-ci fournissent des services de transport routier, ferroviaire, maritime ou fluvial, de distribution, d’entreposage, de préparation et de postproduction aux fabricants, aux importateurs, aux sociétés de location de voitures, aux exploitants de location de véhicules dans les 28 États membres de l’Union européenne plus la Norvège, la Suisse, la Turquie, la Russie et l’Ukraine. Elles possèdent ou exploitent plus de 420 navires de transport de voitures, 18 800 wagons de chemin de fer à usages spéciaux, 84 barges fluviales et plus de 23 500 transporteurs routiers. Leur chiffre d’affaires global atteint environ 25 Md€. Leur impact économique sur les entreprises associées au secteur est estimé à 63,25 Md€. Elles emploient 100 000 Européens directement et 253 000 indirectement.