Depuis 1992, date à laquelle la liberté de circulation des marchandises est entrée en vigueur, il est devenu difficile de quantifier avec précision le volume de trafic détourné, les célèbres « Détra ». L’élection présidentielle approchant, la bataille des chiffres va s’amplifier. Avant même que les prétendants à l’Élysée ne soient sur la ligne de départ, nous avons eu un exemple, lors des Assises de la mer, d’un premier « faux départ ». Le Premier ministre Manuel Valls a lancé le débat à Marseille le 4 novembre. Il a affirmé qu’un conteneur sur trois passait par un port étranger. Le président de la République, François Hollande, a surenchéri avec un conteneur sur deux, lors des Assises de la mer à La Rochelle le 8 novembre. Si les conseillers de l’exécutif n’arrivent pas à se mettre d’accord sur un chiffre, les débats risquent de durer. En octobre 2013, le CGEDD a publié une étude sur la situation des ports français en expliquant que 50 % des exportations de la région Rhône-Alpes et 30 % des importations passaient par un port étranger. Les volumes sont identiques en Ile-de-France et plus alarmant sur le bassin rhénan. Quatre ans plus tard, rien n’a changé. Il faut arrêter de se battre sur les chiffres. Je doute que les Pays-Bas consomment plus de 11 MEVP par an et c’est pourtant le trafic de Rotterdam. C’est une politique terrestre cohérente, efficace et socialement acceptable qui fait la place d’un port. Rotterdam et Anvers l’appliquent, la France l’analyse.
Éditorial
Chiffres à l’appui
Article réservé aux abonnés