Dans un contexte économique général qu’ils qualifient d’atone, les responsables du port de Brest – qui ont enregistré une baisse du trafic de 9 % à 2,51 Mt – ont toutefois la satisfaction de conserver leur place de premier port breton devant Lorient et Saint-Malo.
Autre satisfaction, le chiffre d’affaires global, qui grâce à l’augmentation des volumes des prestations de services vendus aux clients est identique à celui réalisé en 2014. Ces prestations comportent entre autres des locations de terre-pleins bord à quai pour les chantiers maritimes et ceux des EMR (hydrolienne Sabella), et ont pu être offertes grâce au fort niveau d’investissement depuis 2009.
Côté trafics proprement dit, ce sont toujours les vracs solides agro qui, malgré une baisse de 8 %, sont toujours le poste le plus important avec 825 927 t contre 896 546 t en 2014. Les graines de soja se taillent la part du lion dans cette rubrique en affichant une hausse de 2 % à 619 120 t. Les autres importations, tourteaux de tournesol et colza, se maintiennent, à l’opposé des graines de colza qui affichent une baisse de 54 283 t.
Les vracs liquides, avec 674 832 t de pétrole raffiné, 37 724 t de gaz liquéfié et 37 021 t de biocarburants, affichent une perte de 5 % que l’on peut attribuer pour partie à un hiver très doux.
Embargo russe
Les conteneurs, malgré l’arrivée d’une nouvelle grue, affichent une perte de 13 % à 420 738 t contre 484 782 t. Ceci à cause, entre autres, de la baisse des exportations de bois en grumes (– 45 731 t) à destination du BTP chinois pour lequel la demande en échafaudages a considérablement baissé. Autre cause, l’embargo sur la viande de porc française en Russie ainsi que la suspicion de grippe aviaire dans quelques départements français, qui ont freiné les exportations vers certains pays.
Dans les divers, à signaler la bonne campagne des exportations de semences de pommes de terre (sur palettes) à destination du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, avec 19 732 t, soit une augmentation de 7 %. La saison des paquebots a quant à elle été dans la norme, avec douze escales. Si le nombre de passagers est en diminution à 9 838, l’explication se trouve dans le fait que les navires en escale, plus haut de gamme qu’au cours des années précédentes, étaient également plus petits. Une bonne nouvelle également avec le retour de Saga Cruises et Regent Seven Seas, et l’arrivée de Grand Circle Cruise Line.
Les cales sèches bien occupées
Pour terminer sur une bonne note, la réparation navale a poursuivi sa progression. Dans un contexte très concurrentiel, Damen Shipyard Brest a en effet reçu 66 navires, 39 en cale sèche et 27 à quai, soit deux de plus que l’année précédente, avec une belle série de quatre méthaniers à la file, une spécialité du port brestois, et la spectaculaire opération menée pendant trois semaines par le chantier sur le paquebot Norwegian-Epic, avec le renfort de 1 500 membres de l’équipage et un millier de sous-traitants.
Augmentation des capacités et quais EMR
Malgré une baisse du trafic en grande partie due à des raisons conjoncturelles, les responsables du port de Brest misent sur une reprise en 2016 et en particulier sur le trafic des conteneurs pour lequel une augmentation de 10 % est escomptée.
La création d’une autoroute de la mer à l’horizon 2017 (le projet Atlantis, impliquant Leixões au Portugal, Liverpool et Brest) est également l’un des axes de développement du port du Ponant. Un projet de 3,6 M€ cofinancé par l’Union européenne. Ouverture des services en 2017.
Ceci en parallèle avec le grand projet d’un port dédié aux énergies marines renouvelables (EMR). Celui-ci a passé le cap des études et des autorisations administratives, et dorénavant un appel d’offres européen est lancé pour les premiers lots de ces travaux dont la première phase comprendra la construction d’un premier poste à quai et l’aménagement de 40 ha et les dragages. La deuxième phase est consacrée à la construction d’un second poste à quai et la stabilisation d’un nouveau polder de 14 ha. Ceci pour un coût de respectivement 170 M€ et 50 M€. Le port actuel, quant à lui, fera également l’objet de vastes travaux. Le terminal multivrac verra la refonte de deux grues et du transporteur à chaînes, ainsi que des trémies du quai des minéraliers. Des entrepôts seront réaménagés et des friches portuaires réhabilitées. La plate-forme multimodale se verra attribuer un nouveau spreader. Ceci pour un total de 6,8 M€. La concession de la réparation navale devrait bénéficier d’une enveloppe globale de plus de 3,1 M€, dont une grande part pour les deux grandes formes de radoub, les 2 et 3.
Réfections de voiries, changement de réseau d’air comprimé, de défenses aux quais de réparation à flot 1 et 4, remise en état de rails de grue, renouvellement de tins figurent dans cet important programme destiné soit à une remise à niveau, soit à l’augmentation des capacités.