Après avoir subi trois années consécutives de baisse, de 2012 à 2014, les ports de Corse sont repartis à la hausse en 2015. Ils ont réalisé un trafic global (à savoir roulier et conventionnel) de 2,2 Mt. Une hausse qui leur permet de revenir au niveau de 2012. Cette progression des ports corses se répartit entre tous les établissements. Seul Propriano enregistre une baisse.
Les ports de l’île de Beauté ont ces particularités d’avoir des trafics imports à 90 %. Le trafic roulier représente 70 % du global quand le conventionnel entre pour 30 %. La consommation demeure malgré les différents mouvements sociaux, expliquent les responsables de l’Observatoire régional des transports de Corse. Les armements, et notamment la SNCM, « ont forcé sur le fret pour approvisionner l’île ». Les trafics rouliers avec les ports français ont représenté 1,3 Mt. Le premier port de l’île reste Bastia avec 718 670 t, en progression de 2 %. Ajaccio se place en seconde position avec 441 647 t de trafic roulier. Marseille demeure le premier port d’origine en France avec 1,06 Mt dont 543 336 t vers Bastia et 324 118 t vers Ajaccio. En mètres linéaires (ml) transportés, les échelles demeurent identiques avec 2,01 Mml dont 1,04 Mml pour Bastia et 687 619 ml pour Ajaccio. Les autres ports de l’île ont aussi enregistré des hausses à l’exception de Propriano qui perd 5 % à 56 889. Depuis les ports italiens de Savone, Gênes, Livourne, Porto Torres et Santa Teresa, le trafic annuel s’est établi à 200 197 t, soit une baisse de 15 % par rapport à 2014.
Trois armements majeurs
En 2015, trois armements se sont taillé la part du lion. La Méridionale conserve sa première place sur le fret vers la Corse avec 588 336 t. Elle perd malgré tout 2 % de son trafic et cède quelques parts de marché à la SNCM. En effet, la compagnie marseillaise a réalisé un trafic de 499 600 t vers la Corse. Un flux en croissance de 9 %. La puissance de ces deux armateurs tient principalement à leur position au départ de Marseille, Nice, Toulon et Porto Torres pour La Méridionale. Face aux deux armements de la délégation de service public, SNCM et La Méridionale, Corsica Ferries prend une place dans le fret avec une dominante sur les liaisons avec les ports italiens. En effet, l’armement de Bastia a réalisé en 2015 un trafic global de 428 027 t, tant depuis la France que depuis l’Italie. Ce chiffre représente une diminution de 6 % de son trafic fret, diminution qui se répercute sur les deux pays de départ. Au départ d’Italie, Corsica Ferries perd 12 % à 131 167 t quand elle baisse de 3 % à 296 860 t depuis les ports français.
La principale différence entre les trois concurrents se retrouve dans les conditions de chargement. La Méridionale et la SNCM chargent principalement du non-accompagné quand Corsica Ferries prend des trafics accompagnés. Pour les opérateurs portuaires, cette différence signifie que les navires de la SNCM et de La Méridionale utilisent les services des manutentionnaires quand ceux de Corsica Ferries peuvent s’en dispenser.
Moby Lines participent aussi à ce marché mais dans des parts plus réduites. Ces deux armements offrent des services de fret depuis les ports italiens du continent et de Sardaigne vers la Corse. Ils pèsent environ 20 000 t chacun par an.
Approvisionné par camions, les ports de Corse disposent aussi de quais pour des trafics conventionnels. Ils représentent 641 702 t. Le principal flux en vrac est assuré par Fouquet Sacop pour des hydrocarbures. En 2015, le trafic a progressé de 11 % à 491 830 t. Autre transport en vrac, le ciment qui alimente la Corse par les ports de Bastia, Ajaccio et Porto Vecchio principalement. Il est fabriqué par la société Vicat, dans l’arrière-pays niçois, et arrive sur l’île de Beauté par les navires de la Someca. En 2015, ces trafics de ciment ont progressé de 34 % à 126 111 t. La filière du BTP reste active en Corse même si les projets sont contrôlés attentivement par les autorités pour éviter de dénaturer les paysages. Enfin, le gaz, acheminé par Sea Terminal, a augmenté de 8 % à 23 761 t.