Les trafics 2015 du Grand port maritime de la Guadeloupe (GPMG) démontrent de la tendance positive dans laquelle le port est désormais lancé. « Après deux années en demi-teinte, nous sommes repartis de l’avant », nous a confié Yves Salaün. Le GPMG termine l’année avec 3,6 Mt, soit une progression de 9 %. « L’économie domestique n’est pas encore repartie, explique-t-il. Notre croissance, nous la devons surtout au développement que nous avons mis en place. » Deux secteurs phares caractérisent cette bonne activité: les conteneurs et les passagers. S’agissant des conteneurs, les travaux d’approfondissement du chenal d’accès du port participent à la croissance. « Nous étions le maillon faible des Antilles avec un tirant d’eau inférieur aux autres ports. Avec le dragage du chenal d’accès à 16,1 m et à 15,6 m pour le chenal intérieur, nous nous sommes mis à niveau. » Des travaux qui ont eu le mérite de ne pas entraver le bon fonctionnement du port pendant les travaux. Mieux, souligne le président du directoire, le chantier a pris fin avec trois mois d’avance.
Ces travaux ont permis au port guadeloupéen de gagner des parts de marché sur les transbordements. Avec 62 000 EVP transbordés dans le port, le GPMG réalise le meilleur score de son histoire. Tous trafics confondus, ce sont 201 948 EVP qui ont transité par le port. Ainsi, le GPMG réalise une progression de 9,8 % de son trafic conteneurisé. « Pour la suite, les choses sont un peu plus compliquées. » Le schéma de développement du port, lors de la préparation des travaux, a été réalisé dans le cadre d’une économie sud-américaine forte. En six ans, les choses ont changé. « Nous devons attendre que l’ensemble des acteurs de la chaîne logistique se stabilise autour des nouvelles conditions avec un canal de Panama à ouvrir en 2016, et les accords entre les armateurs pour les hubs de transbordement. » Pour le port, le point important revient à mettre au crédit de la place portuaire. « La fiabilité est connue et reconnue. »
« Monter en gamme » sur les croisiéristes
Autre grand sujet de satisfaction, les passagers ont augmenté de 12 % pour franchir le cap du million de passagers (1,09 million). « Notre meilleur chiffre depuis 15 ans », souligne Yves Salaün. Les liaisons interarchipels ont progressé de 6 % quand les passagers inter-îles sont stables. Sur les croisières, le bond est encore plus important avec une croissance de 30 % sur l’année civile. « Sur les cinq dernières années, notre trafic de croisiéristes a augmenté de 400 %. » Le port a atteint son maximum avec les installations actuelles. Les améliorations à attendre doivent se faire sur les offres commerciales pour les opérateurs sur les liaisons inter-îles et de « monter en gamme » sur les croisiéristes.
Quant aux vracs liquides et secs, ils demeurent le reflet de la situation locale. Avec une économie encore au ralenti, les trafics de ces postes se stabilisent. Seul point en hausse, le trafic de voitures qui augmente encore cette année.
Conforter les travaux réalisés en 2015
Les investissements qui seront réalisés en 2016 prévoient de conforter ceux réalisés tout au long de l’année 2015. Il est prévu de consolider le dragage réalisé notamment sur le cercle dévitage du port. « Nous devons consolider encore certains points avec des palplanches pour s’assurer que nos efforts ne seront pas remis en cause en cas de tremblement. » Parallèlement, le démarrage des travaux du terre-plein au sud de Jarry sera entamé cette année. L’extension Jarry Sud prévoit uniquement des terre-pleins. Les quais interviendront dans la phase ultérieure. Les travaux doivent démarrer dans l’année. Au total, selon les prévisions, ce seront 62,7 M€ qui seront dépensés pour le développement du port, tous travaux confondus.