Dépassant l’objectif annoncé de 50 000 remorques transportées entre le Var et la Turquie, U.N. Ro-Ro bat une nouvelle fois un record depuis son arrivée en 2011 à Brégaillon. La compagnie turque a en effet acheminé 53 000 remorques en 2015 sur ses rouliers contre 43 000 unités l’année précédente. Cette hausse résulte notamment du passage à trois rotations hebdomadaires entre Toulon et Pendik depuis février 2015. En tonnage, ce trafic atteint 1,15 Mt, soit quasiment l’activité fret de Corsica Ferries sur la Corse qui clôt l’année sur un trafic en progression de 1,3 % avec 1,2 Mt de fret. L’activité transport conventionnel, composée de sel de déneigement, tuyaux et sable, marque une hausse de 2 % avec 103 000 t. Toutes les filières étant au vert, le trafic global de marchandises dans le port varois affiche une hausse annuelle de 5,1 % avec 2,4 Mt.
Une activité passagers contrastée
Activité contrastée côté passagers. L’année 2015 s’est achevée sur un trafic atone avec 1,8 million de voyageurs. L’embellie de 11 % des passagers de ligne régulière (1,4 million de passagers) a permis de compenser le recul de 9 % du nombre de croisiéristes en escale. Un recul imputable au retrait des paquebots de grande capacité tels que le Liberty-of-the-Seas et le positionnement d’unités plus modestes (Mein-Schiff 1, 2 et 3).
En 2016, un renversement de tendance s’amorce avec 146 escales annoncées dont 16 touchées inaugurales. Tui Cruises prévoit notamment de positionner les paquebots Mein-Schiff 5 et 6 en cours d’achèvement et qui devraient prendre la mer au printemps. Les Seven-Seas-Navigator, Seven-Seas-Explorer et Viking-Seas devraient réaliser également leur première escale à Toulon cette année. Quant à la ligne régulière, elle devrait bénéficier de l’ouverture de nouvelles destinations par Corsica Ferries. La compagnie bastiaise annonce en effet deux rotations par semaine entre Toulon et Porto-Vecchio à compter du 31 mai. Par ailleurs, vingt rotations sont programmées sur Porto Torres en Sardaigne.
Le port bâtit son avenir à Brégaillon
Désormais îloté et conforme aux normes ISPS, le terminal de Brégaillon concentre les investissements futurs de la CCI du Var. Au programme, des études portant sur la rénovation de la voie ferrée et la construction de quatre postes à quai.
Le site de Brégaillon, qui accueille les navires d’U.N. Ro-Ro, concentre les développements à venir du port de Toulon. À commencer par le lancement d’une étude portant sur la construction de quatre nouveaux postes à quai. Au regard des perspectives de croissance des trafics, le port envisage de se doter de trois postes rouliers et d’un poste dédié à la manutention verticale (lo-lo). Actuellement, les deux postes à quai de Brégaillon se révèlent insuffisants. Des travaux de dragage sont également inscrits au programme de Port Toulon Provence, gestionnaire de sept ports varois.
Le réaménagement de la desserte ferroviaire du port de Brégaillon est envisagé afin de réactiver une liaison ferrée inactive depuis plusieurs années. À l’époque, cette voie permettait d’évacuer les trafics de véhicules automobiles de Gefco.
Une étude préliminaire devrait être lancée par SNCF Réseau à la demande de la CCI du Var et de U.N. Ro-Ro, représenté localement par Worms Services Maritimes. « L’étude sera lancée en juin. Elle devrait déterminer les enjeux financiers et d’exploitation », explique François Comte, chargée de comptes Fret au sein de SNCF Réseau. L’objectif étant de dupliquer le modèle de Trieste où les remorques d’U.N. Ro-Ro, une fois débarquées du navire, embarquent sur le rail pour remonter vers le nord de l’Europe.
Après plusieurs mois de travaux, la gare maritime du Môle d’Armement de la Seyne-sur-Mer devrait accueillir ses premiers passagers en avril. D’une superficie de 600 m2, sa construction a représenté un coût d’1,5 M€ supporté par la Chambre de commerce et d’industrie du Var, concessionnaire. Des travaux de confortement du quai Minerve, dédié à l’accueil des ferries, ont également été réalisés au printemps dernier. Ce quai devrait cette année bénéficier de la construction d’un nouveau bollard de 150 t. En 2015, les investissements ont porté également sur l’entretien du quai Fournel. L’ouvrage a bénéficié de la pose d’un tapis anti-afouillement.