Journal de la marine marchande (JMM): en tant que transporteur routier, à quels goulets d’étranglement êtes-vous confronté dans les opérations de pré et post acheminement?
Marc Grolleau (M.G.): À Marseille, sur les bassins Est, et à Fos, de gros progrès ont été réalisés au cours des 18 derniers mois. Nous avons gagné en fluidité avec un système de prise de rendez-vous et de pré-enregistrement des transporteurs routiers. Cette meilleure organisation s’est accompagnée de la mise en place de nouveaux portiques de manutention. Le frein viendrait plutôt des infrastructures routières avec seulement deux ou trois voies pour rejoindre les terminaux de Fos. C’est un non-sens. Le problème va s’amplifier avec l’augmentation des quantités puisque Marseille a pour objectif d’atteindre 2 MEVP (contre 1 MEVP aujourd’hui). Cet engorgement, en amont du port, dépend de l’État qui n’a pas d’argent à investir là-dedans. On alerte régulièrement les autorités mais ça reste lettre morte.
JMM: qu’en est-il des procédures administratives et documentaires?
M.G.: Le terminal roulier Marseille Manutention a mis en place le 10 novembre un TOS (Terminal Operating System) avec une lecture de codes-barres apposés sur les semi-remorques. C’est un réel progrès. Avant cela, nous étions dans la préhistoire: le conducteur arrivait avec sa poignée de documents à remettre à un pointeur, lequel, quand il avait un moment, la transmettait à un autre collègue. Le nouveau système va réellement fluidifier et sécuriser les trafics rouliers dans les bassins Est.
JMM: tout va donc pour le mieux à marseille?
M.G.: Tout n’est pas parfait et il reste quelques difficultés si on rentre dans le détail. La différence d’horaires entre les terminaux et les parcs à conteneurs vides en est une. Les premiers ouvrent de 6 h à 20 h, les seconds n’ouvrent qu’à 7 h 30. Même si on demande aux transporteurs routiers d’étaler leurs opérations sur la totalité de la plage d’ouverture des terminaux, pourquoi voudriez-vous que nous venions à 6 h du matin pour attendre ensuite 1 h 30 que le parc Arnal ouvre ses portes. L’intérêt d’harmoniser ces horaires est quand même très facile à comprendre. Nous faisons cette demande depuis des années, sans résultats. Ça constitue un obstacle au développement de nos activités.