Il y a quelques années, en 2011 et 2012, des grumes de bois nourrissaient encore un peu les exportations. Ce bois revenait, comme aujourd’hui, en conteneurs pleins de contreplaqué. Ce trafic s’ajoute aux chaussures, aux vêtements, aux produits chinois de grande consommation qui forment le gros de l’importation. « Cette année, nous avons reçu quatre délégations chinoises sur cinq concentrées sur la production agroalimentaire régionale prête à s’exporter », oppose Maryse Gérard, de la direction commerciale du port. Principaux industriels visités: les producteurs de viande et les coopératives laitières. « Tous les flux de lait en poudre qui vont bientôt sortir de l’usine désormais chinoise de Carhaix, dans le nord de la Bretagne, ne pourront pas sortir par Brest », ajoute Maryse Gérard. Sur ces trafics agroalimentaires, le port de Nantes Saint-Nazaire, pour qui ils représentent déjà la moitié de ses conteneurs, espère bientôt jouer une carte supplémentaire: un entrepôt frigorifique pour lequel il a lancé un appel à manifestation d’intérêt, en juillet. « Le port, dans le conteneur, a intérêt à se spécialiser pour se distinguer par exemple du Havre », estime un observateur. À ce nouvel équipement à destination des entreprises agroalimentaires de l’Ouest, soucieuses d’exporter davantage, devrait s’ajouter dans les semaines à venir le passage à Montoir d’un « commun feeder » ouvert aux compagnies maritimes asiatiques. Pour le moment, Montoir est desservi par les lignes de feeders dédiés aux trois leaders Mærsk, MSC et CMA CGM. Sur place, en Chine, il sera alors plus facile au représentant du port, installé à Qingdao, de vendre l’Ouest de la France. Cette perspective de nouveaux flux d’exportation par conteneurs semble plus solide que le record de la dernière campagne céréalière en blé vers la Chine qui est devenu, dans le port, le deuxième pays acheteur derrière l’Algérie. Mais certains pensent que cela peut aussi durer.
Dossier
Mobilisation autour du lait et de la viande pour la Chine
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