Arrivé le 6 mai à Caen-Ouistreham en provenance de Grande-Bretagne, le ferry Mont-Saint-Michel de la compagnie Brittany Ferries était bloqué depuis, à la suite d’un conflit avec les dockers du port normand. Ceux-ci réclamaient en effet une augmentation de leurs salaires nets de l’ordre de 5 %. Une demande jugée irrecevable par la direction de l’armement de Roscoff. Celle-ci estimait en effet que les perturbations entraînées, mettaient en danger sa crédibilité. D’autre part, un autre ferry de la compagnie, le Normandie, avisé de la situation à Ouistreham a été détourné sur un autre port.
Brittany Ferries estime les demandes des dockers irrecevables dans un contexte financier tendu, à l’issue d’une crise très grave qui lui a couté 70 M€ et alors que la compagnie doit, pour se conformer à la directive Soufre applicable depuis le 1er janvier, investir 90 M€ pour les travaux de pose de scrubbers sur ses navires.
Finalement, dans la nuit du 9 au 10 mai, une opération menée par une vingtaine d’actionnaires de la compagnie a permis de libérer le navire qui a appareillé à destination de Roscoff où il est arrivé le 10 mai à 12 heures.
La direction de la compagnie déclare qu’elle « entend maintenir un dialogue constructif avec les diverses parties concernées tout en assurant un service de qualité à ses clients ». La CGT des marins du Grand Ouest de son côté, représentée par Jean-Paul Hellequin, a réagi vivement contre ce qu’elle qualifie de « coup de commando » conduit par le président de la compagnie qui, déclare la CGT, « ne donne pas la meilleure image de dirigeant d’un tel groupe maritime ». Le syndicat s’interroge d’autre part, sur les conditions de sécurité du port qui n’ont pas empêché, particulièrement en période de Vigipirate, le franchissement de la Zone d’Accès Restreint.