Fin de vie

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Le rapport annuel de Shipbreaking Platform a été publié le 26 janvier. Un caillou dans la chaussure des armateurs peu soucieux de la fin de vie de leurs navires. Des grands noms du monde maritime apparaissent dans la liste des compagnies les moins scrupuleuses. Nous ne pouvons qu’adhérer aux revendications de Shipbreaking Platform sur les conditions de déconstruction de ces unités. La démolition des navires sur les plages indiennes demeure une roulette russe pour les ouvriers. Le sable indien est si fin qu’il crée un risque de renversement des navires. Le manque d’installation aux normes pour le recyclage des matières dangereuses issues de ces navires et les conditions sociales font de ces « vrais faux » chantiers une zone à hauts risques sociaux et contribuent à la pollution marine. Pour l’Organisation internationale du travail, ces emplois sont parmi « les plus dangereux du monde. » S’opposer ne suffit plus. De conventions internationales en directives européennes, le cadre juridique manque de contraintes financières. Il nous semble indispensable que l’OMI prenne à bras-le-corps ce dossier pour imposer des conditions de déconstruction plus contraignantes. Pourquoi ne pas aller jusqu’à imposer des contraintes financières aux armateurs préférant envoyer leurs navires dans ces chantiers « low cost »? En Europe, lorsque la surcapacité est devenue structurelle dans le transport fluvial, Bruxelles a mis en place des aides. Dans toutes les filières du transport maritime, la surcapacité est passée du statut conjoncturel à celui de structurel. La question de la fin de vie des navires doit donc être perçue comme une mesure de relance économique pour les chantiers navals « vertueux » et s’inscrire dans les objectifs d’écologie planétaires. La création d’un cercle vertueux prévoyant une prime compensant la différence de prix entre la déconstruction d’un navire dans un chantier « low cost » et un chantier « vertueux » serait une mesure de relance économique et écologique. Arrêtons d’épiloguer sur l’écologie en fermant les yeux sur des scandales planétaires. Refuser de regarder en face ce dossier est un peu comme si un gouvernement proposait une loi sur la transition écologique tout en annonçant la rénovation de son parc de centrales nucléaires…

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