La COR réalise les trafics non conteneurisés du port Est. Elle réalise les trafics de vracs et de conventionnels. Ce sont principalement du charbon pour la centrale thermique de l’île et des céréales pour le silo du port. « Nous avons investi dans des outils de manutention pour ces trafics. » Ainsi, pour assurer une plus grande productivité sur le trafic céréalier, la COR a acheté une grue Vigan pour décharger les céréales. Pareil pour le charbon. La COR dispose de trémie pour décharger le navire vers les camions avec une plus grande rapidité. Outre cette activité sur les vracs, la COR réalise tous les trafics de conventionnels sur Port Réunion. « Tous les trafics qui servent dans l’île, comme des plaques de placoplâtre, des ronds à béton ou toute sorte de marchandise qui peut servir. » Pour entreposer les marchandises conventionnelles, la COR dispose sur le port d’un magasin de 1 500 m2. « Il nous permet d’enterposer les marchandises voire de grouper et dégrouper des conteneurs. »
Un contrat avec l’armée
Il est vrai que la COR n’intervient pas sur le trafic conteneurisé, à une exception près: elle traite les conteneurs pour l’armée, localement. Un contrat qui courre depuis six ans. « Pour répondre à ce contrat, nous avons dû former huit portiqueurs. Ces personnes travaillent aujourd’hui pour le contrat de l’armée et pourraient facilement passer sur d’autres portiques. » De plus, la COR continue son entrée dans le marché de la conteneurisation en réalisant des opérations de dégroupage dans son magasin. La société propose de dégrouper le conteneur pendant les opérations de manutention du navire et de pouvoir renvoyer le vide sur le même navire. Une diversification des prestations vers la conteneurisation qui montre la volonté de la scop réunionnaise de profiter de la croissance du trafic conteneur de demain avec la création du hub. « Si le marché grossit avec la mise en place de ce projet, nous pourrons aller sur les conteneurs », confie Jean-Daniel Clotagatide. Et pour montrer que la structure de la société n’est pas un frein au développement économique, le président-directeur général de la société souligne « que nous sommes les seuls à travailler 24h sur 24 et sept jours par semaine ». Alors, l’annonce du projet fait briller les yeux des coopérateurs de la COR. « Le port a besoin d’un surplus d’activité et nous avons besoin d’une activité plus linéaire. » Le revers de la médaille concerne les coûts de manutention. Jean-Daniel Clotagatide refuse les accusations lancées à son encontre. « Nous ne sommes pas opposés à ce projet. Nous avons suffisamment de travail avec nos trafics actuels mais nous sommes volontaires pour entrer sur ce nouveau marché. » Quand ressurgissent les accords de 1994 sur des prêts de main-d’œuvre entre sociétés de manutention, le président-directeur général de la COR n’y est pas opposé. « Ces accords n’ont jamais été appliqués. Aujourd’hui que le sureffectif se fait jour, certains opérateurs de manutention demandent que soit réactivé cet accord. Nous n’y sommes pas opposés mais il faut revoir leur contenu. » Alors, pourrait-il y avoir demain des prêts de main-d’œuvre. « Nous préférons d’abord embaucher nos ouvriers dockers occasionnels. Nous les avons formés à la polyvalence. Dans les autres sociétés, les dockers ne sont pas toujours polyvalents. C’est pour nous une condition. » La formation est devenue, à la COR, un leitmotiv. Chaque ouvrier docker occasionnel est accompagné par un parrain pour lui apprendre le métier. « Nous avons six employées féminines dans nos équipes d’ODO que nous essayons de former à nos métiers », renchérit le président-directeur général. Outre sa force humaine, la COR dispose de trois reachstackers et de neuf tracteurs portuaires pour assurer la liaison entre le port Est et le port Ouest de certaines marchandises.
Projet logistique
Présent sur le port avec un magasin de 1 500 m2, la COR travaille sur un projet de logistique de groupage et de dégroupage en arrière du port. La zone de 80 ha pourrait être une voie de son développement. « Le foncier sur le port est un vrai souci », reconnaît Jean-Daniel Clotagatide. S’agissant des conteneurs, il suggère une organisation différente des boîtes vides sur des ports secs en dehors du port. Mais quand on parle de grignoter une partie de son terminal conventionnel pour y placer des conteneurs, il s’inquiète. « Le conventionnel est gourmand en espace comme les conteneurs. Nous ne pouvons pas perdre de la place si nous voulons assurer l’ensemble de nos trafics. » De suite, il se tourne vers le terminal automobile qui sert de zone de stockage parfois à des concessionnaires. Toute cette organisation du port est à revoir, « même l’installation sur le port de la centrale EDF est consommatrice d’espace alors que nous en manquons », constate le président de la COR.