À partir du 1er janvier 2015, les navires circulant à moins de 200 milles des côtes de l’Amérique du Nord et des pays situés au bord des mers Manche, Nord et Baltique doivent limiter les émissions de soufre de leur combustible à moins de 0,1 %, rappelle le communiqué de Stena Line, daté du 26 septembre. Cette norme est la conséquence de l’entrée en vigueur de l’annexe VI de la convention Marpol, déclinée au niveau européen dans la directive 2012/33 dite " soufre ". Afin de respecter ces dispositions, la compagnie suédoise précise qu’elle cherche à utiliser des carburants alternatifs, comme du méthanol, ou à installer des épurateurs de fumée (scrubbers) à bord de ses navires. La conversion des ferries au gaz naturel liquéfié (GNL) est aussi envisagée, " mais cela prend du temps et le coût en est élevé. "
Le souvenir de la suppression du duty free
Pour Carl-Johan Hagman, p.-d.g. de Stena: " Nous privilégions une attitude positive concernant ces nouvelles règles dans la mesure où elles sont les mêmes pour tous et sont mises en œuvre à un rythme que nous et nos clients pouvons gérer. Tel n’est pas le cas. D’un point de vue économique, c’est la plus mauvaise décision pour les compagnies depuis la suppression du duty free à partir du 30 juin 1999. " Une position partagée par plusieurs autres compagnies. Pour Stena, l’augmentation des coûts de soutage va s’élever à plus de 100 000 € par jour, soit près de 50 M€ par an, en utilisant du carburant conforme à la norme de moins de 0,1 % de soufre. Pour pallier les conséquences négatives de la directive soufre, Stena a déjà réduit sa flotte de deux navires. La compagnie annonce maintenant une hausse des prix du transport de marchandises de 15 %. " Nous voulons offrir la même qualité de service, cela signifie que nous devons demander à nos clients de compenser l’augmentation de nos coûts ", a expliqué Carl-Johan Hagman.