Nous avons souvent répété au cours des derniers mois notre étonnement à ne pas voir une véritable politique maritime se mettre en place. En reconduisant Frédéric Cuvillier dans ses fonctions précédentes, le nouveau premier ministre a voulu donner un signe clair de continuité. Si le locataire de la rue du Bac porte toujours un intérêt prononcé pour le ferroviaire, la sécurité des passages à niveau ou encore les indemnités kilométriques pour les déplacements à vélo, les ports et le maritime ne semblent toujours pas inscrits au programme politique de ces prochains mois. Seules les suites des conseils de surveillance de la SNCM rappellent à Frédéric Cuvillier les aspects maritimes de son portefeuille. Et pourtant, le ministre devrait recevoir deux rapports majeurs pour l’avenir des ports français. Celui d’Odette Herviaux sur la décentralisation portuaire et celui de Martine Bonny sur le statut des ouvriers dockers. Commandés avant les élections municipales, ces deux rapports finiront-ils par caler un meuble du ministère? Plus globalement, le programme de relance portuaire lancé en mai 2013 à Rouen ne semble porter que partiellement ses fruits. En menant une « non-politique » maritime et portuaire, le gouvernement oublie que le transfert modal passe aussi par la mer. Madame le ministre, Monsieur le secrétaire d’État, le ferroviaire ne pourra assumer seul ce transfert modal. Quant au vélo, je vous laisse le soin de nous faire la démonstration de ses capacités à soutenir la croissance du fret.
Édito
En selle
Article réservé aux abonnés