Une nouvelle gouvernance bafouée

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Alors que la réforme de la gouvernance prévoyait justement de donner plus de pouvoir au port, désormais propriétaire de leur domaine, la décision du gouvernement a été vécue comme un véritable abus de pouvoir. Avec sa dizaine de démissionnaires, le marasme règne actuellement au sein des instances de gouvernance du port de Bordeaux. Les représentants de la communauté portuaire, qui regrettent de ne plus siéger dans le comité de direction comme auparavant, sont particulièrement choqués que « leurs avis ne pèsent en rien dans la balance » et maintiennent pour l'heure leurs démissions. « Nous regrettons de n'avoir qu'un rôle consultatif et on critique l'ingérence de Paris dans les affaires du port. On est en plein jacobinisme », résume Christophe Reux, président du service de pilotage. Trouver des remplaçants s'avérerait compliqué, ces personnes occupant des fonctions très précises. « Cependant, malgré les démissionnaires, il n'y a pas de blocage juridique et institutionnel qui empêche le port d'avancer. Mais, ces démissions sont préjudiciables car le conseil de développement est privé de ses représentants de la place portuaire. Travailler sur les grandes orientations du port sans eux n'a pas de sens », indique la directrice générale du port, Marie-Luce Bousseton. « Il faut que l'État renoue un dialogue avec la place portuaire. En attendant, nous continuons d'entretenir des liens avce les entreprises portuaires à travers de nombreuses réunions au sein notamment de l'UMPB ».

L'élection dernièrement au sein du directoire, d'Étienne Naudé, directeur de l'aménagement au port de Bordeaux, en remplacement de Julien Bas, directeur d'exploitation, a également mis le feu aux poudres. « En mettant trois fonctionnaires à la tête du directoire, on ne fait que renforcer le pouvoir de la tutelle. Tout ceci n'est qu'une vaste farce », dénonce Jean-Yves Sanguinet de la CGT appuyé dans ce sens par le syndicat indépendant des cadres du port. « On a demandé au président du port de surseoir à la nomination d'Etienne Naudé pour ne pas placer un troisième fonctionnaire, mais cela nous a été refusé sous prétexte qu'il fallait faire vite. Cela ébranle d'autant plus notre manque de confiance dans l'équipe de direction sur leur volonté de développer le port », affirme Hubert Charon, représentant du syndicat indépendant des cadres.

Feltesse interpelle le secrétaire d'État

Suite à sa rencontre avec la communauté portuaire bordelaise en septembre, Vincent Feltesse, président de la Communauté urbaine de Bordeaux, rencontrera le 9 novembre Dominique Bussereau afin d'évoquer l'avenir du port de Bordeaux et de « l'interpeller sur la cohérence de l'action de l'État, qui vient de bafouer les règles de gouvernance de la récente réforme portuaire qu'il a lui-même instituées ».

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