Réforme de la manutention : un consensus prudent

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Le protocole trouvé, qui a reçu, à la mi-octobre, le feu vert de la commission nationale d'évaluation des cessions d'outillage, semble faire l'unanimité, après tout de même d'intenses discussions. Une SAS devrait donc voir le jour avec trois actionnaires : Sea Invest (65 %), Balguerie (15 %) et le port de Bordeaux (20 %) qui y détient une minorité de blocage. Propriétaire d'un lot unique d'une dizaine de grues, cette société prévoit d'employer 22 grutiers, 16 dépanneurs et 7 chefs d'équipe, soit 45 salariés sur les 70 agents d'exploitation employés actuellement par le GPMB. Trois zones sont concernées : Bassens amont, Bassens aval et le Verdon. Cette constitution originale de « terminal unique » s'est plus ou moins imposée pour coller à la réalité d'un port où oeuvrent, seuls, deux manutentionnaires sur l'ensemble de ces trois sites.

« Cette réforme a surtout été conçue pour des grands ports. À Bordeaux, il a fallu trouver une adaptation car il n'y avait pas assez de volumes unitaires par trafic. La hauteur de la participation de chaque manutentionnaire s'est faite simplement en adéquation avec le poids économique de chacun », explique Patrick Thomas, président de Balguerie, société se consacrant à 80 % à de la commission au transport et dans une moindre mesure à une activité manutentionnaire sur le port de Bordeaux. Entre les deux manutentionnaires, des liens préexistaient par ailleurs. La société Verdon Aquitaine Terminal, destinée aux opérations de MSC sur le Verdon, rassemble ainsi des dockers aussi bien de Balguerie (à hauteur de 25 %) que de Sea Invest. « Ne pas faire une société commune aurait été compliqué », confesse Franck Humbert, responsable de Sea Invest Bordeaux. « Cela dit, cette réforme en soi est une bonne chose. Elle va nous permettre, à travers l'unité de commandement, de monter plus facilement et surtout rapidement des dossiers avec nos clients. Cela représente un risque financier, mais on en prend tous les jours. La grande question, c'est surtout la sortie de crise. Il aurait fallu faire ça en pleine effervescence économique. Quant à la participation du port, c'est plus psychologique. Elle permet d'éviter une rupture brutale pour les partenaires sociaux ».

Des négociations reprennent

Désormais, les trois partenaires ont jusqu'au 15 avril prochain pour finaliser l'acte de vente des outillages et mettre au point la convention de terminal et le contrat de maintenance. Parallèlement, les conventions tripartites devront être signées avec les salariés détachés. Le transfert de l'outillage et de la main-d'oeuvre devra ainsi être réalisé au plus tard avant le 1er octobre 2010. Les négociations vont donc battre leur plein particulièrement sur des questions de gros sous. « Pour l'outillage, on est autour de 10 M¤, mais rien n'est encore fixé concernant les deux portiques du Verdon, leur acquisition étant optionnelle. Cela fera l'objet d'un deuxième protocole , note Franck Humbert. Pour rappel, une expertise avait pointé cet été des avaries sur ces deux portiques, expertise suivie d'une contre-expertise minimisant fortement les dégâts. Aujourd'hui, l'un des portiques est en service et le second en cours de travaux sera de nouveau opérationnel en décembre.

La maintenance, qui sera assurée pendant au moins trois ans, dans le cadre d'un forfait-pièces et main-d'oeuvre, par le GPMB via une filiale, doit également faire l'objet de négociations financières. Cette charge de la maintenance de l'outillage représentait 16 000 h de travail au sein des ateliers du port. « Il va aussi nous falloir aborder la question de l'organisation du travail et de la répartition des différents salariés sur les sites », conclue Patrick Thomas. « La grande difficulté de Bordeaux, qui n'a pas de trafic lissé, c'est d'arriver à traiter trois ou quatre navires en même temps. Nous allons trouver des solutions, je ne suis pas inquiet ».

2009 en demi-teinte pour les manutentionnaires

La baisse des trafics de vracs solides, liée à la crise économique, a touché en premier chef l'activité manutentionnée durant cette année 2009. La société Balguerie a ainsi vu ses volumes diminuer de 18 % et sa marge brute de 8 %. « Notre activité étant surtout à destination des Dom Tom, le trafic a aussi été perturbé par les mouvements sociaux de début d'année dans ces territoires », précise Patrick Thomas, président de Balguerie. L'autre opérateur manutentionnaire de la place Sea Invest, enregistre, lui des chutes de 15 % à 20 % sur les vracs. « Cependant elles ont été compensées par les fortes augmentations de conteneurs de bois de tempête à l'export. On s'attendait à accuser davantage la crise et au final, notre activité, comme notre chiffre d'affaires, ont été stables » constate Franck Humbert de Sea Invest. L'entreprise a reporté, « sans les annuler », plusieurs investissements notamment dans des hangars de stockage, silos et magasins.

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