Implantées récemment sur les terminaux du port, certaines sociétés connaissent des débuts difficiles. Trois d'entre elles notamment s'étaient positionnées sur les matériaux de construction. En 2007, Lafarge Ciments avait ainsi inauguré une usine famblant neuf de broyage de laitiers et tablait sur des trafics maritimes d'au minimum 200 000 t par an. À la fin de septembre 2009, l'entreprise enregistre pourtant moins de 50 000 t de trafic maritime. « Cette entreprise est d'autant atteinte qu'elle comptait irriguer en laitiers et clinkers le grand Sud-Ouest mais aussi l'Espagne, pays encore plus touché par la crise », note Julien Bas. Deux nouvelles sociétés se destinant à de l'import de granulats avaient de même réceptionné leurs premiers navires en 2008. Elles sont loin aujourd'hui d'avoir atteint les objectifs qu'elles s'étaient fixés pour 2009. Stema Shipping, propriété du groupe allemand Mibau, exploitant des carrières de roches dures en Norvège, n'a pour l'instant fait escaler en 2009 qu'un seul navire de 27 000 t de roches éruptives. « On a lancé notre activité à un moment où le système général et notamment les prix de marché aquitains fléchissaient. En plus de cette conjoncture, comme toute société qui démarre, il nous faut faire avec une forte résistance du marché dans ce secteur très concurrentiel. L'évolution de notre activité prendra sans doute plus de temps que prévu. On est cependant là pour un minimum vingt ans et quand le marché repartira, on sera prêts et on aura tout ce qu'il faut en navire et matériaux », témoigne Thierry Gelee de Stema Shipping. La jeune société Matériaux Portuaires Aquitains (MPA), mariage entre Fayat Entreprise TP et Eurovia, bien qu'elle ait réceptionné 60 000 t en 2009 de matériaux provenant d'Écosse, accuse, elle aussi les conséquences de la crise. « Des statistiques allant de septembre 2008 à août 2009 indiquent que les autorisations de permis de construire pour des logements ont baissé en Aquitaine de 26,4 %. Les mises en chantier, elles, sur la même période, ont chuté de 21,6 %. Ces trafics liés à la construction ont donc été fortement impactés », précise Jérôme Saura.
La production de biodiesel fait aussi partie des nouvelles productions industrielles apparues récemment sur les terminaux portuaires. Depuis 2008, en effet, Diester Industrie, basée à Bassens, a démarré sa production d'agrocarburant dont les graines de colza et de tournesol sont triturées par l'entreprise Saipol, ces deux sociétés étant filiales de Sofiprotéol. Cette activité, durant 2009, s'est traduite pour le port par des trafics d'import de méthanol, d'éthanol, d'huiles, d'ester... « On a enregistré également des sorties de l'ordre de 70 000 t. Globalement, Diester industrie respecte donc ses engagements de trafic de 200 000 t par an. Cela a permis de booster les trafics de vracs liquides inertes. Mais, on note cependant un effet pervers : on importe moins de tourteaux de soja, davantage de graines de colza étant triturées désormais sur place. Quant à l'avenir, on reste prudent, les biocarburants, produits très subventionnés, étant actuellement remis en cause », analyse le directeur d'exploitation du port.