Investissements : miser sur la diversité

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En janvier, la Région, devenue concédante du Port de Bayonne, a attribué la nouvelle concession de 15 ans à la Chambre de Commerce et d'Industrie. « Nous avons été le premier port décentralisé », indique Pascal Marty, directeur du port. Une nouvelle gouvernance qui convient parfaitement à la place portuaire. L'État parfois éloigné n'était pas réceptif aux attentes du port basque. « Avec la Région en concédant, nous nous sommes rapprochés de notre centre de décision. De plus, pour la Région Aquitaine, le port de Bayonne a plus d'importance qu'il ne pouvait en avoir pour l'État. » Une opération tout bénéfice pour le port qui constate que « la Région est beaucoup plus concernée par l'avenir du port. ».

Les investissements du port de Bayonne doivent répondre à la nouvelle délégation de service public que la Région a attribué à la CCI. L'autorité portuaire mise sur l'outillage, de nouveaux hangars, l'aménagement de hangars existants et la création de nouvelles zones de stockage. Ainsi, sur la zone de Saint Bernard, en rive gauche, des 27 hectares présents actuellement, seulement 10 hectares sont aménagés. Les 17 hectares restants doivent être viabilisés pour offrir de nouveaux espaces pour des clients futurs. Ensuite, le port a repris les terrains laissés par la suite de la démolition de la Raffinerie du Midi. Ils sont en cours de dépollution et devraient être bientôt disponibles. Dans le même ordre d'idée, la société Agriva a regroupé ses activités de Bayonne sur un seul site à Tarnos, alors qu'elle était auparavant installée sur deux sites. Le site laissé libre est actuellement en cours de viabilisation. En optimisant l'aménagement portuaire, le port basque s'ouvre la possibilité de nouveaux marchés, voire de pérenniser les trafics comme le bois.

Dans le cadre de cette redéfinition des espaces portuaires, le port veut s'intégrer dans les villes. En effet, la particularité du port de Bayonne est d'être sur quatre communes (Bayonne, Boucau, Anglet et Tarnos) et deux départements (Pyrénées Atlantique et Landes). « Lors de la signature de la DSP avec la Région, un de nos axes a été de prévoir cette intégration entre la ville et le port. Nous sommes au milieu des habitations et nous devons nous ouvrir sur les villes pour que les habitants prennent conscience de l'intérêt patrimonial de leur port. » Le port et les villes ont signé une charte en 1999 sur leurs relations. Avec l'évolution des trafics et les besoins économiques et sociétaux, les deux « partenaires », comme le répète Pascal Marty, ont commencé un travail de rénovation de ce document pour l'adapter aux conditions actuelles.

Parallèlement à ces investissements à venir, le port a toujours continué de mettre ses installations aux normes. Le poste roulier a été clôturé pour être inscrit dans le cadre du code ISPS. Les travaux d'aménagement doivent s'achever en novembre. Une zone de stockage pour des remorques doit aussi être mise sous ISPS tout comme la route de liaison avec le poste de chargement. Enfin, sur le poste roulier, des travaux de reprofilage doivent être entrepris pour arrondir l'angle. Lors du chargement, les remorques ne peuvent emprunter la rampe en raison de son angle.

Des travaux qui sentent l'arrivée d'un nouveau trafic. « Nous avons plusieurs dossiers pour une ligne régulière sur le nord de l'Europe. Nous travaillons sur la constitution d'un fond de cale. » Le port avance à pas feutrés sur ce projet. Avec une liaison quotidienne, il se refuse à qualifier cette future liaison d'autoroute de la mer, au sens européen du terme, mais plutôt d'une ligne régulière. Selon ses prévisions, elle pourrait démarrer en 2011.

L'arrivée de nouveaux trafics sur le port oblige l'autorité à draguer régulièrement. Installé à l'embouchure de l'Adour, le port s'envase. Il procède à deux campagnes par an. La première au printemps et la seconde à l'automne. Cette dernière a démarré au début du mois d'octobre. Elle prévoit le désenvasement de la zone de Saint Bernard. Cette seconde campagne concerne le retrait de 200 000 m3 de vases. Elles sont ensuite déposées dans des puits spécialement étudiées au large. Au printemps, la première campagne a retiré 400 000 m3 de sables. « Nous en avons besoin cette année. Avec la tempête Klaus au mois de janvier, nous avons dû faire face à un afflux important de sables de mer. Pour assurer une profondeur de 9,50 m, nous devons régulièrement procéder à ces travaux », continue le directeur du port. Pour être conforme à sa politique de développement durable, le port réfléchit à la valorisation de ces sables. « Chaque année, le dragage représente un investissement de 2 M¤. En retirant 400 000 m3 de sables, nous pensons pouvoir amortir une petite partie de ces coûts en les revendant. » Un dossier qui devrait déboucher d'ici à deux ans selon les délais des autorisations.

Dans le cadre de sa DSP, la CCI de Bayonne doit aussi angler son développement sur l'axe industriel. Deux projets de laminoir sont dans les cartons. Le premier concerne la société ADA, reprise par le groupe espagnol Celsa. Cet investissement de 650 M¤ doit voir la création d'un laminoir à chaud pour passer de la production de produits semis finis à des produits finis. Le projet est tenu en stand-by en raison de la conjoncture actuelle. Il est financé par la société industrielle. Le port intervient pour sa part, dans la location de terrains sur le port. Ce laminoir va étendre le site de la société sur la zone des Salines. Au final, la société disposera de 37 ha pour sa production dont 20 ha loués par le port et 17 ha par le Conseil régional des Landes. « Une opération qui sera bénéficiaire pour le port puisque la société prévoit d'augmenter ses trafics en import de ferrailles. À l'export, si les billettes seront moins nombreuses, de nouveaux trafics de produits finis partiront de ce site. » Des 1,6 Mt actuellement réalisés par la société ADA, le port envisage de pérenniser 600 000 t supplémentaires

Dans la même filière, la société italienne Beltram prévoit aussi l'implantation d'un laminoir sur le port. Le site sera voisin de celui d'ADA. Le travaux de viabilisation du terrain ont commencé. L'infrastructure devrait être prête pour le mois de mars 2010 afin de démarrer la production en fin de cette même année. Un investissement de 40 M¤ destinés à produire des matériaux pour les grands ouvrages comme les ponts et le BTP. « Cette implantation nouvelle nous est venue de la CCI de Valenciennes. La société Beltram cherchait un site sur le sud ouest de la France et ils nous ont passé le dossier. » Au total, ce nouveau laminoir doit impliquer un trafic supplémentaire de 250 000 t, dont 200 000 t d'import de billettes et 50 000 t d'exports de produits finis. La société prévoit d'expédier une partie de sa production dans le sud ouest de la France et le nord de l'Espagne. Ces produits sortiront par voie routière.

Au total, ces deux laminoirs doivent apporter 900 000 t de trafics en plus mais aussi la création de 500 emplois dans la région. Ces deux laminoirs feront de Bayonne un centre sidérurgique majeur en Europe.

Conteneurs : L'outil existe, il ne manque que la ligne

La conteneurisation à Bayonne n'est pas un vain mot. Le port dispose de l'outillage nécessaire. La grue installée sur le site de Saint Bernard permet de lever 40 t, soit des boîtes de 40'. « Notre objectif est de démarrer une ligne vers un port de transbordement. Nous avons identifié les trafics, ils sont estimés à environ une centaine de boîtes par semaine », souligne Pascal Marty. Dans l'idée du gestionnaire du port, une liaison hebdomadaire avec d'autres ports français et un hub pourrait permettre de s'ouvrir de nouvelles offres logistiques. Les importateurs locaux acheminent leurs produits d'Extrême Orient par les ports d'Europe du Nord puis par camion jusqu'à leur usine. Il ne reste plus qu'à concrétiser ce projet.

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