Bayonne a du pin sur la planche

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«Le port de Bayonne n'est pas épargné par la crise. Nos clients sont touchés et nous le sommes par ricochet », indique Pascal Marty, directeur du port. Un constat qui ne cadre pas forcément avec la réalité des chiffres. Sur les dix premiers mois de l'année, le port affiche une hausse de 9 % de ses trafics. « Nos clients ont su jouer la carte du maintien du trafic par l'ouverture vers de nouveaux marchés certes moins rémunérateurs mais qui ont maintenu une activité locale. » Au chapitre des trafics qui se maintiennent, voire qui progressent apparaissent les hydrocarbures raffinés. Stockés dans les cuves de LBC, ces produits proviennent des raffineries françaises et européennes pour compenser l'arrêt de la Raffinerie du Midi qui a cessé son exploitation. Toujours dans les vracs liquides, le soufre de quelque 14 %. Un trafic qui devrait, dans les prochaines années se tarir. Le gisement de Lacq ne produira plus de soufre en 2013. Autre secteur en progression, les ferrailles et les billettes. Un exemple de cette recherche de nouveaux marchés moins porteurs. Les ferrailles en importation ont augmenté de 21 % même si au final ces trafics ont été moins rentables.

Dans la colonne des trafics en stagnation devrait apparaître les produits chimiques. « Actuellement nous accusons un repli de 15 % sur ce courant, explique Pascal Marty. Des rattrapages sont prévus sur la fin de l'année. Nous pensons qu'en 2009 nous serons à la stabilité. »

La fermeture de l'usine Célanèse

Crise oblige, une partie des trafics sont touchés par la conjoncture. En premier lieu, le maïs souffre. Il perd environ 20 %. Globalement, le marché est en régression. Les cours ont chuté et les producteurs préfèrent stocker. Quelques opérations se sont réalisées mais une grande partie sont destinées au nord de l'Espagne. « Sur ce marché, le maritime n'est pas toujours compétitif en raison de la proximité du marché. Les marchandises partent donc par camion. » Pour les prochains mois de la campagne de maïs, le port est confiant. Un déstockage devrait intervenir et permettre aux installations de maïs de fonctionner. Toujours au chapitre des baisses, une partie des produits chimiques devrait finir en négatif. Cette baisse vient de la décision de la société Célanèse de fermer ses portes. À plus long terme, cette fermeture devrait toucher plus sérieusement le port. Le méthanol en entrée, pour l'usine de Pardis, qui transforme ce produit et l'expédie ensuite sous forme d'acide acétique et d'acétate de vinyle. Enfin, le ciment et les engrais sont aussi affectés par la crise. Le premier en raison de la baisse de la construction dans la région. Cette année aucune tonne n'a été importée. Quant aux engrais, les soucis de l'agriculture ont fait chuter ce courant de 38 %.

Les augmentations n'ont pas toujours pu compenser les pertes de trafic. Le port de Bayonne a su aller trouver de nouveaux débouchés. D'abord, le port a offert ses services à toute la filière de la sylviculture landaise pour répondre à ses besoins à la suite de la tempête Klaus du mois de janvier. Une grande partie des pins des Landes déracinés par la tempête ont été expédiés par le port basque. Au total, le port estime aux environs de 500 000 t le trafic induit par ce nouveau courant. Bayonne a toujours accueilli des bois sur ses quais. La tempête n'a fait qu'accélérer un mouvement pour répondre aux besoins de la filière de la sylviculture. Les rondins de bois sont chargés sur des navires de 3 500 tpl à 5 000 tpl. Ils partent surtout pour l'Europe du nord et un peu pour le Portugal. « Dans ce dossier nous avons été des agitateurs. Nous avons apporté notre savoir-faire avec toutes les parties prenantes, de la CCI concessionnaire au concédant, le Conseil Régional, mais aussi les manutentionnaires locaux qui ont investit rapidement pour répondre à ces besoins. tout comme les autres occupants de la place qui ont su laisser un peu de place alors que leurs trafics diminuaient pour permettre d'entreposer ces bois. Tous les efforts de la place de Bayonne ont été récompensés », analyse Pascal Marty. Cet afflux supplémentaire de bois vient conforter la place dans cette filière. « Nous avons toujours eu des trafics de ce type », continue Pascal Marty. Avec l'arrivée massive de ces bois déracinés, le port de Bayonne espère pérenniser ce courant. Actuellement, le bois est stocké sur trois sites du port. Dans la zone de Saint Bernard, au Blancpignon et à Tarnos, dans la zone des saline. La pérennisation de la présence de ces bois signifie pour le port d'aménager des zones de stockage. Sur Saint Bernard, le port prévoit de rendre disponible toute une zone en bordure de quais. Sur Tarnos, dans la zone des Salines, il est prévu de réaliser des accès routiers pour une meilleure circulation et une optimisation du stockage.

De nouveaux ballast

Second trafic nouveau pour le port, l'arrivée de ballast pour les voies de chemin de fer. Ces minéraux sont extraits dans des carrières norvégienne. Ils sont acheminés par navire sur le port de Bayonne avant de prendre la direction de la ligne Bayonne-Hendaye en pleine réfection. Il s'agit ici d'un trafic complètement nouveau. Auparavant, les ballast pour les voies ferrées arrivaient directement par train ou camions depuis la carrière sur le chantier. Le choix de s'approvisionner dans le nord de l'Europe a incité le maître d'oeuvre a utilisé les services du port. Une fois déchargés sur le port, les ballast sont criblés et nettoyés avant d'emprunter le ferroviaire pour rejoindre son lieu d'utilisation. Le schéma logistique a faire la preuve de sa viabilité. En 2010, un second chantier identique doit s'ouvrir pour la ligne entre Bayonne et Dax. « Nous leur proposerons de décliner ce schéma. Il est probable que nous arrivions à maintenir une partie de ce trafic », espère le directeur du port.

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