Le gouvernement grec, issu des élections législatives du 4 octobre, est confronté à son premier conflit dans le monde maritime et portuaire. Louka Kostelli, ministre de l'Économie, de la compétitivité et du transport maritime, doit faire face au mouvement social des ouvriers portuaires du Pirée depuis le mois d'octobre. Mené par la Fédération des employés des ports de Grèce (Omyle) et l'Union des dockers de l'Organisme portuaire du Pirée, ce mouvement a immobilisé pendant deux jours (les 2 novembre et 3 novembre), les terminaux du port. Ils protestent contre la concession du terminal à conteneurs au groupe Cosco Pacific. À l'heure où nous mettons sous presse, les syndicats des dockers sont toujours en négociation avec les autorités portuaires pour mettre fin à cette concession. Louka Katseli s'est étonnée de la légitimité de cette décision du syndicat portuaire rappelant avoir en personne assuré les travailleurs lors de leur rencontre du 30 octobre que le dialogue entre l'Organisme portuaire du Pirée (OLP) et la filiale de Cosco, doit débuter immédiatement, un dialogue qui doit porter sur toutes les questions de l'accord de concession.
« Il est clair que les résultats de ce dialogue ne peuvent être annoncés à l'avance ni anticipés, surtout lorsqu'il existe un contrat international entériné par le précédent gouvernement, avec force de loi », a affirmé Louka Katseli, insistant que c'est maintenant « l'heure de la responsabilité pour toutes les parties impliquées. »
Ce conflit est devenu politique. Lors de sa campagne électorale, le Pasok, le parti socialiste grec, a déclaré vouloir revenir sur les termes de cette concession. Les terminaux 2 et 3 du port du Pirée ont été attribués en 2008 au groupe chinois Cosco Pacific Limited. Le manutentionnaire chinois devait investir pour faire du port grec une plate-forme de transbordement régionale. La situation paraît donc extrêmement compliquée. Lors de sa campagne électorale, le parti socialiste grec, le Pasok, avait déclaré qu'il entreprendrait toutes les démarches légales pour assouplir les conditions de ce contrat. Pour enfoncer le clou, le président de la chambre de commerce et d'industrie d'Athènes demande une réunion entre toutes les parties pour trouver un compromis et permettre au port de fonctionner dans l'intérêt des industriels grecs. Le président de Cosco Pacific, Wei Jiafu, doit arriver dans les prochains jours en Grèce pour faire le point avec le premier ministre grec, Andreas Papandreou.