Le Canada et les États-Unis demandent à l’OMI de déclarer tout leur littoral continental ainsi que les huit principales îles hawaiiennes « zone sensible » (Emission Control Area) dans laquelle les émissions de NOX, SOX et de particules d’origine maritime doivent être très sensiblement réduites. Cette demande a été déposée le 27 mars en préparation du 59e Comité de la protection de l’environnement marin (MEPC) qui se tiendra en juillet prochain. Elle a été annoncée par l’Agence américaine pour la protection de l’environnement (EPA).
La zone sensible doit s’étendre sur 200 nautiques à partir de la ligne de base telle que définie par la convention internationale sur le droit de la mer. Cette mesure doit sauver la vie chaque année à 8 300 citoyens nord-américains à partir de 2020, souligne le communiqué de l’EPA. « Nous voulons assurer le développement économique de nos villes ports tout en prenant les mesures nécessaires pour protéger la santé publique et l’environnement des États-Unis et du reste du monde » explique Lisa P. Jackson, administratrice de l’EPA. Plus de 165 millions d’habitants vivent le long des côtes Atlantique et Pacifique. Plus de 50 zones urbaines de plus d’un million d’habitants y sont recensées. La pollution émise par les navires pénètre loin dans le territoire américain puisqu’elle peut être détectée jusqu’à Dallas qui se trouve à 380 km du Golfe du Mexique, note la demande déposée à l’OMI.
Pour être acceptable, elle doit répondre aux huit critères de l’annexe VI de la convention Marpol: établir une claire définition de la zone sensible; indiquer le ou les polluants visés; préciser les populations et les zones menacées par les émissions des navires; établir que ces émissions contribuent à l’augmentation de la pollution de l’air ou ont des effets négatifs sur l’environnement; fournir des éléments météorologiques montrant que les émissions des navires navigant dans la zone devant être classée, entrent bien en contact avec les populations ou dégradent l’environnement; présenter les routes maritimes et l’importance du trafic devant être affectées par la décision; préciser les mesures de contrôle des émissions des polluants d’origine terrestre mises en place par les États demandeurs; établir un bilan économique des conséquences de la mise en place de cette zone sensible.
La France n’envisage pas de mener d’études sur la concentration dans l’air, des particules fines, NOX et autres SOX d’origine maritime (voir page 12).