La décision avait été prise en juin par le Premier ministre, Nicolas Sarkozy l’avait rappelée lors de sa venue à Saint-Nazaire en septembre dernier, le Gouvernement l’a mis sur les rails: L’État devient un actionnaire stratégique de STX France et de ses chantiers de Saint-Nazaire et Lorient, à hauteur de 33,4 %, et non pas de 9 % comme convenu en juin, via un investissement de 110 M€. Cette nationalisation partielle apporte à l’État la minorité de blocage attendue par les syndicats, et lui ouvre des droits étendus sur les décisions critiques tant dans le management que dans l’évolution de l’outil industriel et du capital de la société. Le Sud Coréen STX ayant pris à la mi-août le contrôle du groupe norvégien Aker Yards – qui s’appelle aujourd’hui STX Europe – ancien propriétaire des deux chantier français (Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire et ALN à Lorient), reste l’actionnaire majoritaire de STX France avec 50,01 % des actions. Alstom, vendeur des chantiers français en 2006 à Aker Yards, voit sa participation passer de 25 % à 16,65 % à la suite de l’augmentation de capital, avec une option de vente sur ces titres en 2010. Selon les termes de l’accord avec les Coréens, le conseil d’administration de STX France devrait être composé de quatre membres de STX Europe, deux de l’État français et un d’Alstom. Si la satisfaction des syndicats est unanime, le ciel pour eux n’en est pas dégagé pour autant: le conflit avec NCL n’était toujours pas résolu à la mi-novembre, et il faut de nouvelles commandes pour éviter le chômage partiel.
Un rapprochement avec DCNS?
Derrière cette entrée de l’État dans le capital de STX France se dessine le rapprochement des chantiers ligériens, et lorientais, avec DCNS. Un regroupement prôné par le Président de la République en septembre, faut-il le rappeler. Et quelques jours plus tard, Jean-Marie Poimboeuf, PDG de DCNS, lors des 6èmes universités d’été de la Défense, alors qu’il avait toujours été contre un mariage entre la construction navale militaire et civile, s’est prononcé pour une coopération. On n’est pas loin du rapprochement, et à termes de la fusion. Si, l’on en croit certains bruits de coursive, on parle même du choix du nouveau dirigeant pour prendre en charge cette nouvelle entité de construction navale. À savoir celui de Patrick Boissier, ancien PDG des Chantiers de l’Atlantique qui a toujours soutenu cette solution.