La recrudescence des actes de piraterie dans le Golfe d’Aden suscite des débats autour de leur qualification juridique. Selon la Convention de Montego Bay, ils prennent la forme d’actes de piraterie. Dans le cadre de la Convention de Rome sur le terrorisme maritime, ces forfaits sont apparentés à des attaques terroristes. Que choisir? « Sur le plan juridique, piraterie et terrorisme en mer ont des caractéristiques différentes, si bien que malgré la similitude de l’acte, on ne peut se passer de les distinguer », a rappelé la Revue Mare Liberum en 2004. La localisation de ces actes a fait craindre de voir Al Qaida se profiler en arrière-plan. Rien n’est sûr. Des groupes islamistes ont démenti tous liens avec les pirates quand d’autres voient dans ces forfaits un aspect du Jihad contre l’Occident. Toujours est-il que le commerce mondial est touché. Des quelque 20 000 à 30 000 navires empruntant le détroit de Bab el Mandeb tous les ans, dont de nombreux pétroliers, beaucoup optent désormais par une route plus méridionale, par le cap de Bonne Espérance. Et c’est le consommateur final qui payera les coûts induits. L’économie occidentale s’en retrouve donc touchée. Avec la crise ambiante, nous n’avions pas besoin de cette estocade. Au final, peu importe la qualification juridique de ces actes, mais, comme l’indique Intertanko « c’est à terre que se trouve la solution. »
Édito
Pirates ou terroristes
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