Un plan presque réalisé

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Dans une île montagneuse, de taille modeste, soumise à de puissants aléas climatiques, fortement peuplée sur toute sa périphérie, l’espace devient une denrée rare et le port n’échappe pas à cette problématique. Ouvert en 1986 pour soulager le port historique de la Pointes des Galets, le port Est était proche de la saturation. S’y « entassaient » les trafics de conteneurs, de voitures et de vracs secs comme liquides

Le « chaos » a diminué avec la fin des travaux d’élargissement du chenal d’entrée et de ceux portant sur l’augmentation de sa profondeur utile. Les travaux d’agrandissement du cercle d’évitage sont également terminés ainsi que ceux relatifs à la construction du tout nouveau quai des vracs, situé à l’est du bassin d’évitage. Offrant deux postes (20 et 21) pour des navires de 80 000 tpl, ce quai de 635 m à – 16 m deviendra opérationnel progressivement à partir de l’été 2009 pour l’être totalement à la fin de l’année, le temps d’y installer les réseaux, l’éclairage, les clôtures et les points d’accès.

L’opération complète (chenal, zone d’évitage et quai) a coûté de l’ordre de 95 M€ dont 29 M€ apportés par le Fonds européen de développement régional et 10 M€ par l’État.

L’idée générale est d’y transférer tous les vracs secs (charbon et ciment principalement) et liquides (hydrocarbures) et une partie des céréales actuellement traitées au port ouest. Pour les céréales, il faut encore construire des silos. L’horizon est donc vers 2010. Même année, au mieux, pour les hydrocarbures car il faut créer un pipeline entre le quai et les cuves de stockage qui doivent rester au même endroit. À l’origine, il a été prévu d’installer un pipeline traversant le chenal d’accès. Une souille à − 20 m a donc été créée. À l’arrivée, le projet est estimé entre 15 et 20 M€. La société importatrice envisage une autre solution moins onéreuse et plus pratique pour l’entretien du pipe, en l’installant en périphérie de l’actuel site portuaire. Cependant, le potentiel d’extension du port passe par le creusement de la partie sud de la zone d’évitage. Il faudra alors déplacer le pipeline. D’ici là, la taille réelle des pétroliers faisant escale au quai des vracs aura peut-être atteint celle qui était annoncée et souhaitée par les importateurs. Il leur fallait un quai pour un 2 × 80 000 tpl, ils utilisent un 50 000 tpl. Cette prévision a créé un surcoût non négligeable.

Pour le charbon et le ciment, le transfert se fera en moins d’un an, le temps nécessaire pour installer les trémies.

Les conteneurs ont gagné de la place

En attendant la mise en exploitation du quai des vracs, les acconiers réunionnais ont pu bénéficier le 16 septembre, d’un sensible réaménagement des surfaces disponibles pour les conteneurs. En rapprochant la voie de circulation intérieure de l’enceinte portuaire côté Ouest, la CCI de la Réunion, concessionnaire de Port-Réunion, a gagné 5 hectares dont 3,5 ont été affectés à l’activité conteneurs. Au Nord, la surface desservie par les postes 10 et 11 est passée de 87 357 m2 à 90 300 m2 (+ 3,4 %). À l’Ouest, la surface située en bout de darse est maintenant de 65 000 m2 soit une hausse de plus de 55 %. La superficie du parc à voitures a elle aussi augmenté de 5,25 % pour atteindre 45 920 m2. La zone des conteneurs frigorifiques est restée stable à 10 114 m2. Au Sud, la zone desservie par les postes 14 et 15 et spécialisée dans les marchandises diverses (et dans certains vracs comme le ciment) a vu disparaître ses entrepôts en conservant une superficie identique. À court terme, le magasin 110 situé dans l’angle Nord-Ouest du port doit disparaître également, permettant ainsi d’augmenter la surface pour les conteneurs. Il est également question de réaménager les accès permettant la livraison des conteneurs ou leur prise en charge mais le coût de construction de la grille d’entrée fait tousser la tutelle.

En août 2007, un 4ème portique à conteneurs a été livré. Les travaux de reconditionnement du premier des trois anciens portiques doivent commencer en 2009, pour un coût de 2,5 M€, peinture comprise. Le reconditionnement des trois portiques devrait être terminé courant 2010.

D’ici là, le problème des vides qui envahissent tout l’espace disponible devrait être réglé. En effet, après une discussion « franche et contrastée » avec la Cour des comptes, celle-ci a finalement accepté que les frais de stationnement des vides en dehors des surfaces amodiées soient très sensiblement augmentés à partir du 1er janvier 2009. Ainsi espère-t-on amener les compagnies maritimes à plus de rigueur dans la gestion de leurs vides.

Ainsi s’achèvera la 1ère tranche du plan de développement régional.

Pouvoir accueillir deux grands porte-conteneurs

La seconde tranche portera sur l’allongement de la darse de 90 m à 150 m, l’idée étant de pouvoir accueillir deux porte-conteneurs de 265 m chacun en même temps, sans qu’il soit nécessaire de recourir à des dérogations. Les premières études de faisabilité devraient commencer 2009. Le financement est assuré. Il serait également question d’augmenter la profondeur d’eau pour les postes 10 et 11. Et qui sait, CMA CGM reviendra peut-être sur sa décision de desservir les îles de l’Océan Indien via Djibouti L’autre grand volet de cette tranche consiste à étudier la faisabilité de récupérer sur la mer environ 12 ha du côté du nouveau quai des vracs. Le projet a été estimé par un premier chiffrage à 15 M€. EDF pourrait y stocker son charbon.

Si toutes ces opérations se réalisent, le Port Est aura épuisé ses potentiels d’accroissement de superficie, facilement exploitables. Pour faire face à une croissance supplémentaire des demandes, il faudra réfléchir autrement: par exemple travailler différemment, de nuit notamment, ou ailleurs. Un appel à candidatures pour proposer un projet de schéma directeur portuaire pour la période 2015-2040 a été lancé (voir p. 16).

Le Port Ouest s’ensable

Le port historique, « niché » dans la ville du Port traite les trafics de céréales, de sucre, de fioul pour EDF, une partie du ciment. La pêche industrielle y débarque ses prises. La Marine nationale y est installée de longue date et la plaisance occupe le fond du port. De grands projets d’aménagement du front de mer occupent, depuis des années, les esprits, et notamment ceux de la mairie du Port. Mais dans l’immédiat, le vrai problème concerne l’ensablement rapide du chenal d’accès au port; ce qui oblige EDF a utilisé de petits pétroliers et non plus un navire de 12 000 tpl que le port devrait pouvoir accueillir. Une certaine tension s’est installée entre l’électricien et la tutelle, à ce sujet, d’autant que les premières constations remontent à deux ans.

Des études ont montré que lorsque la houle est « bien » orientée durant quatre à cinq jours, il peut entrer jusqu’à 10 000 m3 de sédiments qui semblent venir en grande partie du littoral lui-même, à la suite d’une audacieuse construction. Lorsque la grue « dragueuse » de type Rapier fonctionne correctement, elle extrait 1 000 m3/jour. Or après avoir été remise à neuf en 2005, elle a connu bien des malheurs. De sorte qu’en septembre, la taille maximale admissible d’un navire a été ramenée à 20 m de large pour 6,35 m de tirant d’eau. Si tout revient à la normale, le dragage devrait reprendre en novembre. Plus positive est l’inauguration de la nouvelle darse destinée au débarquement des prises de la grande pêche. Autre sujet de satisfaction: depuis le 27 octobre, Port-Réunion est le premier port français dont le plan de sûreté portuaire a été approuvé par le préfet pour l’ensemble de ses installations.

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