Cofinancé à hauteur de 110 M$ par Rio Tinto/QMM (Qit Madagascar Minerals) et de 35 M$ par l’État malgache à travers le projet « Pôles Intégrés de Croissance de l’Anosy », financé par la Banque Mondiale, le nouveau port d’Ehoala (au sud de l’île) sera polyvalent et exploité par Port d’Ehoala SA, une filiale de Rio Tinto/QMM.
La convention de concession globale pour sa gestion et son exploitation a été signée en mars 2006 entre l’Agence Portuaire Maritime et Fluviale (APMF), le Projet PIC et le concessionnaire.
Un port polyvalent d’utilité publique à gestion privée
Ce projet est innovant à Madagascar car il s’agit d’un port multifonctionnel d’utilité publique en eaux profondes avec une gestion privée.
Il est formé d’un brise-lames de 625 m et d’un môle polyvalent comprenant trois postes à quai: un quai principal de 275 m dragué à − 15,75 m; un quai secondaire de 150 m à − 8 m pouvant accueillir différents types de navires; et un dernier de 75 m.
Deux épis d’enrochement pour contenir le sable littoral complètent les infrastructures.
Les superstructures sont formées:
– d’un terre-plein sécurisé pour le stockage des conteneurs et des marchandises diverses;
– des poste d’alimentation électrique pour les conteneurs frigos.
– de deux entrepôts pour le stockage de l’ilménite;
– de deux autres entrepôts pour les marchandises diverses;
– de 400 hectares d’espace disponible réservé au développement industriel pour les investisseurs. Ehoala Park et Ehoala Village seront approvisionnés en eau et en électricité par Rio Tinto/QMM.
La société Logistique Pétrolière a déjà choisi le port d’Ehoala pour accueillir ses transporteurs de raffinés et pour y installer un dépôt de grande capacité pour la desserte du Sud du pays.Le nouveau port sera aux normes de sûreté ISPS.
Un trafic « propre » d’au moins 820 000 t
Rio Tinto/QMM y exportera, dans un premier temps, les 750 000 t d’ilménite et 40 000 t de zirsill (minerai comprenant du zircon et de la sillimanite) par an. Pour ses propres besoins, QMM utilisera ce port pour l’importation de plus de 30 000 t de carburants par an, de ses consommations conteneurisés et des équipements et matériels nécessaires au fonctionnement de l’exploitation minière. Étant d’utilité publique, et peu utilisé (le quai principal sera occupé pour QMM environ une semaine par mois), ce port pourra prendre la relève des anciennes installations. Il est prévu d’exporter du sisal et des produits de la pêche. Du côté des importation le port accueillera un trafic de produits de première nécessité (riz, farine, etc.), les matériaux de construction (ciment, acier, etc.) et à terme du carburant dans le cadre d’une relocalisation du dépôt existant du site actuel près du lac Lanirano vers le nouveau port. De plus, le nouveau port pourra accueillir des paquebots.
Dans l’état actuel des réflexions, il n’est pas prévu d’en faire un port de transbordement de conteneurs. Pas d’inquiétude particulière du côté de Port-Louis et dans une moindre mesure, de Port-Réunion.