L’idéal métropolitain est en marche

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La manutention réunionnaise est une sorte de domino: d’un côté, la Coopérative ouvrière de la Réunion traite les vracs et une bonne partie des marchandises diverses. De l’autre, le Syndicat des entreprises de manutention portuaire (SEMP).

Dédié aux conteneurs, le SEMP est formé de trois sociétés: SAMR, filiale de Bolloré Africa Logistics, qui traite les navires de CMA CGM/Delmas, de la DAL, de Mitsui, de PIL venant l’Asie, la SGM qui s’occupe des feeders Mærsk, principalement, et la Somacom qui travaille les porte-conteneurs de MSC.

Dès 1972, ces trois sociétés ont regroupé leurs moyens avec la création du groupement patrimonial des acconiers (au sens méditerranéen du terme) qui était un GIE de mise en commun des matériels de manutention de quai. Sans entrer dans les détails historiques, aujourd’hui, ces acconiers mutualisent leurs moyens via la Sermat qui emploie 42 salariés en propre. Ce GIE est chargé d’acheter les engins de quai (et du petit matériel), de leur gestion et de leur entretien; la conduite est le fait des personnels des acconiers. C’est ainsi que depuis le printemps dernier, la Sermat dispose de 18 cavaliers. En effet, à la suite de la loi de 1992 qui ne s’applique pas aux DOM/TOM, les dockers réunionnais ont été mensualisés en 1994. Grâce à la CGT locale, il n’y a jamais eu de grue de quai, donc pas de grutier de la CCI. Les apparaux de bord étaient donc conduits par les dockers. Lorsque les portiques à conteneurs sont arrivés en 1994, ce sont naturellement les dockers qui les ont conduits. Et lorsque ces derniers ont été mensualisés, les manutentionnaires ont mécaniquement bénéficié du commandement unique.

Mais la félicité des manutentionnaires est presque illimitée car ils n’ont pas à investir lourdement dans les portiques; la CCIR s’en charge car il faut garantir « l’accès au marché » expliquait en juin 2002, Jean Brac de la Perrière, représentant toujours le groupe Georges Michel à la présidence de la SGM Manutention.

Afin de s’assurer que ces portiques fonctionnement correctement, leurs utilisateurs les entretiennent eux-mêmes. En effet, les manutentionnaires, avec la CCIR, ont créé la Somip (Société de maintenance industrielle et portuaire). Jusqu’en 2004, la CCIR a détenu 40 % du capital. Jusqu’à ce que l’on perçoive comme une sorte de conflit d’intérêt. La CCIR a donc cédé ses parts aux trois acconiers qui se partagent à part égale le capital; Jean Brac de la Perrière étant l’actuel président de la Somip. Le contrat d’entretien des portiques résultant maintenant d’un appel d’offres, il y avait un risque de perdre le marché. La Somip a donc cherché à diversifier ses activités vers la réparation navale militaire et celle des bateaux de pêche ainsi qu’en direction des quelques industries présentes sur l’île. De sorte qu’actuellement, l’entretien des portiques ne représente plus que 40 % du chiffre d’affaires, souligne Michel Antonelli, directeur général de la Société d’acconage et de manutention de la Réunion (SAMR), filiale de Bolloré Africa Logistics.

Si la « bande des trois » partage le même logiciel de gestion des parcs de conteneurs, il s’agit d’une heureuse survivance du passé, lorsqu’existait Terminal Gestion Conteneur. Toujours formé par les membres du SEMP, ce GIE assurait comme son nom l’indique, une gestion intégrée de l’ensemble des boîtes déchargées à la Réunion. À la suite de divers problèmes sociaux, le TGC a été dissous en 2007. Ainsi chaque acconier dispose-t-il de sa propre autorisation d’occupation temporaire du domaine portuaire.

À en croire, le directeur général de MSC France, Stephan Snijders, l’organisation de la manutention réunionnaise des porte-conteneurs est d’une remarquable efficacité quoique un peu chère.

Un tarif unique pour protéger le consommateur

Si la manutention “bord” est libre et se négocie entre l’armateur et le manutentionnaire, à partir d’un tarif de référence, il n’en est pas de même pour la manutention « terre », celle qui est facturée directement à l’importateur, confirme Michel Antonelli.

En effet, même si sous le titre « tarifs des opérations de déchargement et de chargement » figure la mention « Tarif de référence », ce tarif s’applique pour un, cent ou mille conteneurs, corrige Michel Antonelli « afin de maintenir une sorte d’équilibre entre les importations. Ce dispositif est bien compris de tous et n’a jamais fait l’objet de la moindre opposition car il protège les consommateurs. » La preuve? Il est validé par le DDE, laquelle n’a pas été autorisée à exprimer officiellement son point de vue. L’égalité devant le tarif de référence ne semble pas prévaloir. Le 20′ est facturé 213 € + 58 € de mise sur camion; le 40′, 358 € + 81 €. En 2007, 47 700 × 20′ et environ 28 500 × 40′ pleins ont été débarqués. Mais quel est l’impact réel sur le panier de la ménagère réunionnaise?

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