Le 4ème et dernier axe des programmes opérationnels du Fonds européens de développement régional (Feder) comprend quatre dispositions visant à compenser les surcoûts liés: à l’éloignement, à l’insularité, au relief et au climat difficile, et enfin, à la faible superficie.
La première disposition a pour principal objectif de faire baisser les « coûts d’acheminement des intrants pour les entreprises locales ayant une activité productive et de leurs produits vers le continent européen ». L’évacuation des déchets « dangereux » est également concernée du fait de la Réunion ne dispose pas de centres de traitement alors qu’elle est soumise aux obligations européennes ou internationales en la matière. Il y a donc là un surcoût pesant sur les entreprises qui génèrent ces déchets.
Pour les intrants industriels et agricoles, le budget du Feder prévoit un montant de 87,57 M€ pour la période: 67,56 M€ pour les intrants industriels et 13 M€ pour les produits phytosanitaires, a précisé la préfecture de la Réunion. Ce dispositif est effectif avec effet rétroactif au 1er janvier dernier.
Il est donc prévu de rembourser, au vu de la facture acquittée, 50 % du coût de « l’acheminement Europe/Réunion (coût sur la base port/aéroport Europe – port/aéroport Réunion) »
L’acheminement de produits finis « Réunion/métropole (port ou aéroport de débarquement) » est pris en charge à hauteur de 60 % du coût éligible.
L’acheminement des déchets dangereux vers la métropole est pris à hauteur de la moitié du coût éligible qui est formé par le transport (port Réunion/port métropole) et les dépenses « annexes ». Selon Hervé Marodon, président du Syndicat des transitaires de la Réunion, l’envoi de certains déchets « dangereux » par mer, comme l’amiante, n’est pas une mince affaire car il serait interdit de les charger sur un navire qui ne retourne pas directement vers un État qui dispose des capacités de traitement adaptées; les escales intermédiaires dans des pays démunis de ces capacités seraient donc interdites.
Pour l’acheminent des « extrants », le budget Feder est de 7 M€, a répondu la préfecture.
Pour réduire le handicap de l’insularité, il « convient de soutenir le développement » du port et de l’aéroport « pour, d’une part, répondre aux besoins liés à la croissance démographique et, d’autre part, faire face à la concurrence des services identiques offerts par les pays de la zone ». Il est donc prévu de financer à hauteur de 38 M€ entre 2007 et 2013 les investissements réalisés sur le port « en vue d’améliorer sa compétitivité (quais et portiques) ». Pour le programme opérationnel 2000-2006, le montant prévu était de 83 M€. Ceci devrait permettre de traiter 4,9 Mt en 2015, contre 4 Mt en 2006, tout en réduisant le temps d’attente sur rade de 440 heures par an en 2006 à 200 heures en 2015.
Au total, entre 2007-2013, le Feder prévoit de financer 205,8 M€ (à parité entre l’investissement et le fonctionnement). D’autres fonds européens contribuent également au développement réunionnais.
la tarification maritime de ligne régulière n’étant pas, tant s’en faut, directement proportionnelle à la distance, le « surcoût réel » de l’éloignement de l’Europe est une notion bien délicate à appréhender. Ainsi, par exemple, si les usines d’Extrême-Orient se trouvent toujours à une trentaine de jours de mer de l’Europe, en termes prix d’acheminement, elles sont au centre de chaque État côtier européen. Et encore plus aujourd’hui qu’il y a un an.