Le projet pourrait aboutir en juin prochain

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Port-Réunion Magazine l’évoquait déjà dans son édition de novembre 2003: l’informatisation de la place portuaire devait, au début de 2005, permettre à une majorité d’entreprises de travailler plus vite, mieux et peut-être, à moindre coût. Aujourd’hui, si tout se déroule comme espéré, le système doit être opérationnel en juin 2009, pour les importations conteneurisées dans un premier temps.

D’études préliminaires en comités de pilotage et autres actions de relance, c’est finalement en mars 2007 qu’est fondée la SAS Infoport; structure chargée de définir les besoins, trouver des solutions possibles, choisir la meilleure et superviser sa mise en place. La CCIR est l’actionnaire de référence avec 12,5 % du capital aux côtés de 37 autres actionnaires de la place. Un comité de direction composé de onze membres surveille l’avancement des travaux. Les représentants de quatre transitaires, de deux acconiers, de deux agents maritimes et de la CCIR ainsi que de la Fédération nationale du transport routier participant. La DDE et la Direction régionale des Douanes y ont une voix consultative. Le comité de direction est présidé par Hervé Marodon, également président de transitaires réunionnais.

En août 2007, Infoport trouve sa directrice générale, Nathalie Gourlaouen.

Durant toutes ces années, toutes les études préliminaires ont été réalisées par les concepteurs du système AP+ jusqu’à la remise des offres à la suite de la vraie consultation qui prenait en compte les exigences des professionnels de la place, et notamment, celle de disposer de ses propres serveurs sur place. Les réponses fournies n’étant pas à la hauteur des attentes, il faut envisager la possibilité d’une autre solution, par définition rare, car il existe peu d’applications agréées par les Douanes.

Au printemps 2007, un premier contact est pris avec le Gecom qui a conçu le logiciel Gemini. Ce GIE regroupe la plupart des membres de l’Union maritime et commerciale de Dunkerque. Cette application n’a pas vocation à être commercialisée mais bénéficie d’une expérience positive d’adaptation aux réalités rochelaises. La démarche s’accélère soudain et à l’été 2007, le devis et le planning présentés sont acceptés par les membres d’Infoport. Aujourd’hui, l’analyse fonctionnelle est terminée et le planning précis est défini. L’application devrait être livrée en avril 2009 et, compte tenu des réalités réunionnaises, traitée l’importation des conteneurs, puis des marchandises non-conteneurisées, l’export arrivant à la fin. Le système devrait être opérationnel en juin prochain.

Une quarantaine d’opérateurs portuaires devraient se servir de Gemini au démarrage, estime Nathalie Gourlaouen. À terme, elles devraient être de l’ordre de 80, d’autant que la Douane pousse fortement dans ce sens. En outre, il est délicat de se présenter comme la plate-forme portuaire avancée de l’Europe et travailler à l’ancienne. Sans entrer dans les nombreux détails, le système est une sorte de base d’échanges de données entre ses utilisateurs. Tout commence par la création du dossier « navire » lorsque la capitainerie est informée de son arrivée. Ce dossier est principalement constitué du manifeste du navire, reprenant lui-même l’ensemble des connaissements. À partir de là, l’agent maritime, le commissionnaire en douane import, les Douanes, les acconiers valident ou non les différentes étapes qui conduisent à la livraison de la marchandise chez son réceptionnaire (et au retour du vide à quai) et aux différentes facturations, l’objectif « final » est l’apurement par la Douane du manifeste import. Bien évidemment, Gemini doit être interfacé avec toutes les applications utilisées par ses « clients ».

L’informatique portuaire poursuivie par un sort hostile

Le 13 novembre, la CCIR s’est réunie pour 2ème fois, en assemblée plénière pour décider de procéder à une avance de 300 000 € en compte courant pour renforcer les fonds propres d’Infoport. À en croire la presse locale (Quotidien de la Réunion; www.zinfos), un drame antique a éclaté. Le président de la CCIR, actionnaire de référence, a été informé quelques minutes avant la séance qu’un opérateur portuaire dispose de cinq voix à travers des sociétés écran alors que les statuts de l’Infoport les limitent à deux. D’où une « suspicion légitime ». Un ami devait préciser le nom du suspect qui n’est pas dans la salle: Jean Brac de la Perrière, vice-président du Medef, et dirigeant entre autres, de l’acconier SGM Manutention. Unité de temps,de lieu et d’action aidant, il s’en est suivi une confusion certaine, entre les pro – et les anti-président de la CCIR. Sagement, la décision est reportée à la session du début décembre.

« On me fait un procès insupportable », a répondu quelques minutes plus tard Jean Brac de la Perrière, informé par un autre ami.

Invité à préciser la situation, le président de la CCIR a indiqué au JMM que le comité de direction d’Infoport du 18 novembre a décidé une augmentation de capital de la SAS de l’ordre de 125 000 € dont 50 000 € seraient apportés par la CCIR. De plus, les seuls actionnaires privés doivent procéder à une avance en compte courant au profit d’Infoport.

Tout est entré dans l’ordre avec Jean Brac de la Perrière. Ce dernier s’est simplement vu confier par quelques actionnaires des procurations. Il est donc en droit de disposer de cinq voix.

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