La CCI veut être irréprochable pour tous les utilisateurs

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Actuellement et à, au moins sur le court terme, la CCIR finance les principaux équipements portuaires (les portiques) et les superstructures. Portiques qui sont conduits depuis le tout début par les salariés des manutentionnaires. Leur entretien faisant maintenant l’objet d’appel d’offres.

Élu à la présidence de la CCIR en décembre 2004, avocat de profession, Eric Magamotoo plaide pour la création d’une « culture d’entreprise communautaire » au sein de la place portuaire. Cette communauté portuaire doit toujours être capable de « gérer le chaos » créé par la vitesse à laquelle évoluent les flux de marchandises. Cette gestion doit être aussi bien qualitative que quantitative.

Pour un port, cela se matérialise par une amélioration de l’offre de services et concrètement par une reprise du dialogue avec les opérateurs portuaires; ensuite par une augmentation de la productivité des terminaux. C’est ainsi qu’en septembre dernier, la CCIR a inauguré la mise à disposition de 5 hectares supplémentaires au Port-Est dont 3,5 dédiés aux conteneurs; ce qui devrait accroître la fluidité de l’exploitation.

Après plus de cinq ans de réflexion, l’informatique portuaire devrait également accélérer le passage portuaire, au moins à l’import (voir p. 21), ce qui devrait permettre de travailler 24 h/24 et 7 j/7 si le besoin s’en fait sentir. Cette possibilité est à mettre en relation avec l’idée de la CCIR de créer deux plates-formes logistiques, l’une dans le Sud; l’autre, à l’Est, vers lesquelles seraient acheminés de nuit les conteneurs import. Ce projet est une réponse à deux contraintes physique, fortes de l’île à savoir le manque de surface relativement horizontale et la saturation des routes. D’où l’idée de sortir les boîtes le plus vite possible des terminaux portuaires pour les acheminer, de nuit, le plus « loin » possible.

Toujours lié à la recherche de superficie, le président évoque le transfert de l’activité « ciment » du port Ouest (site historique complètement enclavé dans la ville du Port) vers le Port Est. Bref, il s’agit d’être « irréprochable pour tous les utilisateurs du port », résume Éric Magamotto.

« Nous n’avons pas l’ambition d’être un port de transbordement »

Interrogé sur la rumeur (qui devait se confirmer deux semaines plus tard, JMM du 17 octobre, p. 7) selon laquelle CMA CGM abandonnait la desserte directe de la Réunion depuis l’Europe pour l’assurer par transbordement via Djibouti, Éric Magamotoo a répondu qu’ il « existe des réalités qui s’imposent à nous. La Réunion n’est pas le centre du monde. Nous sommes là pour offrir un service et être réalistes. Seuls les rapports d’intérêts comptent dans le monde des affaires ». Concernant la « colère » de certains portuaires réunionnais, le président de la CCIR a répondu par un proverbe créole selon lequel « il y a beaucoup de diseurs et peu de faiseurs ».

Quant à l’idée de faire du transbordement de conteneurs, sa réponse était claire: « nous n’avons pas l’ambition d’être un port de transbordement qui est une activité très volatile. Faute de place, nous devons focaliser nos efforts sur la compétence, la régularité, la sécurité, le service optimal. Maurice fait beaucoup de transbordement et une partie passe cependant par la Réunion. Il existe une fable qui évoque la problématique de la grenouille face au bœuf ».

Dans un autre ordre d’idée, le président de la CCIR n’exclut pas qu’à terme l’observatoire de la formation des prix et coûts qui vient enfin de voir le jour à la Réunion, puisse avoir des retombées positives sur le coût total du passage portuaire, même si les intérêts croisés sont, sur une petite île, nombreux.

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