Envisager l’avenir jusqu’en 2040

Article réservé aux abonnés

L’objectif est d’arriver à définir le schéma directeur portuaire réunionnais jusqu’en 2040 en tenant compte des possibles évolutions économiques des îles du Sud-Ouest de l’océan Indien, voire de leur intégration économique, du transport maritime conteneurisé ou non, des réalités et contraintes réunionnaises tant géographiques qu’économiques ou démographiques.

Les préliminaires du programme destiné aux concepteurs soulignent que la réflexion souhaitée doit aborder les trois thèmes suivants: « Port Réunion, un outil économique au cœur de la stratégie de co-développement de la Réunion dans l’Océan Indien; Port Réunion et son articulation avec l’aménagement en profondeur de l’île; la gestion dans le long terme et la conduite de l’évolution de Port Réunion ». Concernant le co-développement et la fonction portuaire, il est noté que « la concurrence qui s’est ouverte entre Port Réunion, Port-Louis (Île Maurice) et Tamatave (Madagascar) dessert les trois ports concernés. Il est nécessaire d’optimiser les possibilités pour que les trois unités travaillent dans l’intérêt mutuel. Le choix qui se fera pour Port Réunion devra donc se faire en cherchant une position harmonisée et partagée, tout en préservant l’avantage de valeur ajoutée acquis par Port Réunion, notamment dans le domaine de la logistique; cet atout d’excellence technique dans le co-développement portuaire vaut également dans le domaine de la pêche durable, grâce à la logistique réunionnaise et la fonction de surveillance des zones de pêche exercée par la Marine nationale ». Concernant la « maîtrise » de la desserte maritime, il est rappelé aux candidats que « la Réunion est aujourd’hui très dépendante des politiques des grandes compagnies de transport; elle se retrouve fortement désavantagée en termes de coûts, et les risques de défaut d’approvisionnement sont de plus en plus réels. L’ensemble des acteurs locaux considère comme une priorité stratégique la création d’un dispositif permettant une meilleure maîtrise régionale des approvisionnements maritimes; le choix du dispositif le plus adapté (négociations d’affrètements groupés sur la zone océan Indien, compagnie maritime régionale) reste à déterminer en fonction du positionnement de Port Réunion ».

Extension du Port-Est et/ou autre site portuaire

Concrètement, le travail de réflexion attendu devra également porter sur les points suivants: pertinence d’envisager une extension portuaire au Sud du Port-Est (zone zud actuellement utilisée comme carrières et appartenant au conseil régional); même exercice sur la création d’un avant-port au Port Est (zone Nord littorale); et possibilités de trouver d’autres sites susceptibles de devenir des ports. Pour nourrir la réflexion, le consultant retenu disposera d’un nombre impressionnant d’études réalisées au fil des années, par les uns et par les autres (DEE, CCIR, Région, etc.). Notons en particulier celle portant sur la faisabilité technique et économique sur le cabotage maritime, financée par la Région en 2006. Ces conclusions auraient laissé peu d’espoir, de ce côté. Le rapport est attendu pour la fin 2009 ou le début 2010.

Du concept de port à celui de plates-formes logistiques ultramarines

Pas moins de quatre ministres (1) ont demandé en mai dernier au vice-président du Conseil général des ponts et chaussées, au chef de l’Inspection générale des Finances et à celui de l’Inspection générale de l’Administration de mener une mission sur les ports « ultramarins » de Degrad-des-Cannes, Guadeloupe, de la Martinique, Port-Réunion et de St-Pierre et Miquelon. Cette mission doit être « entreprise pour formuler les propositions nécessaires afin que les ports ultramarins s’affirment comme des plateformes logistiques à l’échelle régionale. Dans ce cadre, la mission dégagera les évolutions qui pourraient être apportées à l’organisation des ports d’outre-mer. Elle analysera l’opportunité d’une harmonisation des statuts de ces ports, clarifiera leurs missions et précisera les voies d’amélioration de l’organisation de ces ports et de leur gouvernance, de l’exercice de leur tutelle, de leur cadre budgétaire et comptable, et de leur fiscalité ». Cette mission (impossible) doit être menée à bien en six mois. Toutes les administrations concernées apporteront leur concours.

Faire des ports des Antilles ou de la Réunion des plates-formes de transbordement de conteneurs, cela doit bien faire vingt ans qu’on en parle sans trop y croire, compte tenu notamment des écarts de coûts de main-d’œuvre entre ces îlots de richesse et leur environnement régional. La récente décision de CMA CGM de desservir les îles de l’Océan Indien par transbordement via Djibouti limite singulièrement les perspectives de développement régional. Il est vrai cependant qu’il n’y a pas que la compagnie nationale dans le paysage ultramarin.

1) Christine Lagarde, à l’Économie; Éric Woerth, au Budget; Dominique Bussereau, aux Transports et Yves Jego, à l’Outre-mer

Dossier

Archives

Boutique
Div qui contient le message d'alerte
Se connecter

Identifiez-vous

Champ obligatoire Mot de passe obligatoire
Mot de passe oublié

Vous êtes abonné, mais vous n'avez pas vos identifiants pour le site ?

Contactez le service client abonnements@info6tm.com - 01.40.05.23.15