2008 une année historique

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Deux fois par an, le bureau fédéral des pilotes est ouvert à l’ensemble des stations françaises. Par deux fois, ce bureau élargi s’est tenu en outre-mer. D’abord en Martinique et puis à la Réunion en fin octobre. Ce qui a fourni une belle occasion à la station locale de présenter sa rapide évolution après un minutieux travail de préparation pour accueillir environ 80 personnes dont une moitié de pilotes durant deux jours et demie.

En juillet 2005, la station a emménagé dans ses nouveaux locaux à proximité immédiate du remorquage Boluda et à quelques trente mètres de la capitainerie. Même à l’ère d’internet ou du téléphone portable, cette proximité géographique facilite grandement la circulation de l’information. Ainsi a été instauré le principe de deux courtes réunions journalières avec la capitainerie, à 11 h et 17 h afin de préparer le travail des prochaines heures. Les ETA/ETS sont précisés ainsi que les postes à quai prévus et le besoin éventuel de remorqueurs. Ici comme ailleurs, les pilotes soulignent volontiers qu’il est difficile de respecter une démarche qualité si les partenaires de travail ne travaillent pas selon une méthode « compatible ». D’où la motivation des pilotes à participer à la bonne marche des services rendus au navire.

Après être tous partis en stage de perfectionnement sur maquette navigante à Port-Revel, notamment pour préparer les manœuvres d’accostage au nouveau quai minéralier, les quatre pilotes réunionnais participent maintenant à un projet de simulateur électronique avec leurs collègues de Nantes et d’autres ports bretons ainsi que de Martinique. L’idée étant de créer un simulateur commun aux stations de pilotage de ces ports et de numériser les installations de Port-Réunion l’an prochain afin de recréer au plus près l’environnement de travail habituel.

Le stage sur simulateur électronique serait plutôt considéré comme étant complémentaire à l’entraînement sur maquette navigante. Dans un futur rapproché, les pilotes vont l’un après l’autre passer un stage de Bridge Ressource Management, à l’hydro du Havre.

D’ici à la fin de l’année, tous les pilotes auront suivi une formation d’hélitreuillage dispensée par la Marine nationale. Ce qui doit leurs permettre à faire partie d’une équipe d’évaluation en cas d’événement de mer. Les quelques accidents maritimes (voir encadré) qui se sont produits sur l’île ou autour d’elle ont réveillé les consciences et mis en lumière les capacités d’expertise qui peuvent être mobilisées à la station de pilotage. La pratique professionnelle de l’anglais, une compréhension de ce qu’est un navire de commerce, la reconnaissance par l’équipage qu’il partage avec le pilote le même langage ou le même vécu professionnel font partie de ces compétences. « Nous n’avons financièrement rien à gagner dans ce genre d’affaire mais nous nous devons de mettre à disposition notre savoir-faire », conclut Frédéric Royer, l’actuel président de la station. Ce savoir-faire a été consigné par écrit sous la forme d’une fiche descriptive dont dispose le service de la préfecture de la Réunion, chargé de l’Action de l’État en mer. L’ensemble du dispositif a été présenté aux membres et invités du Bureau fédéral élargi en présence du Préfet.

Un pilotage court mais dense

Si le temps de pilotage à Port-Réunion est relativement court (et obligatoire par tout navire de 50 m et plus), il n’est pas exempt de moments forts. Ainsi à cause d’un courant traversier imprévisible, à l’entrée de chenal du port Est, il faut toujours garder une certaine vitesse avec un gros navire, puis la réduire rapidement, cela peut susciter une certaine surprise de la part du commandant.

Piloter dans le port Ouest, très étroit, revient à « entrer les livres ». En effet, plusieurs générations d’élèves-officiers ont lu dans leur manuel le descriptif des manœuvres complexes qu’il fallait exécuter pour y accoster dignement. Le port de la Pointe des galets est resté un « port à ficelles », au moins dans la mémoire collective.

Membre fondateur de l’Union maritime et industrielle de la Réunion, le pilotage reste attentif à l’évolution des besoins. Il note qu’outre la capitainerie qui est « armée » 24 h/24, la Coopérative ouvrière de la Réunion, acconier spécialisé dans les vracs secs et les marchandises diverses, travaille également 24 h/24; que les navires de MSC partent souvent après minuit. S’il faut accroître le nombre d’heures d’ouverture du port, le pilotage s’organisera en conséquence (ainsi que le remorquage, par la force des choses).

Par ordre alphabétique, l’Adamandas dont la cargaison de billes d’acier déoxydées fut la proie d’une réaction exothermique. Le cargo fut sabordé en septembre 2003. Le Lady-Paula, pétrolier vide, qui était en avarie machine depuis un temps certain sans avoir averti le CROSS local. Le Thor-Scan, porte-colis lourd vide, qui s’échoua,en août 2005, à pleine vitesse sur la plage de St-Denis; l’officier de quart, endormi et le dispositif d’homme mort, éteint. Le pire n’étant jamais sur, le navire passa entre les rochers pour s’échouer sur le sable. RAS.

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