Débarquements

Article réservé aux abonnés

Le musée national de la Marine organise à paris, jusqu’au 9 février, une exposition sur les grands débarquements dans l’Histoire.

Il s’agit d’un opération compliquée consistant à acheminer ravitaillement et, au début, chevaux, chariots et armes, puis par la suite jeeps, canons et chars par mer dans des conditions hostiles et les débarquer sur une côte peu ou mal connue. Mais au préalable, il faut tenir compte d’un contexte politique et géostratégique complexe.

Maquettes, tableaux, documents et montages audiovisuels illustrent quatre séquences historiques, mettant en scène la France et l’Angleterre, et une perspective contemporaine.

En janvier 1066, à la mort du roi d’Angleterre Edouard le Confesseur resté sans enfant, trois prétendants au trône s’affrontent. Guillaume, duc de Normandie qui deviendra le Conquérant, prépare un débarquement sur la côte anglaise avec 10 000 combattants et 3 000 chevaux à bord d’un millier de navires armés par 5 000 marins. Il fait croire à une opération au printemps 1067, afin de laisser son rival Harald, roi de Norvège, débarquer au nord dès l’automne 1066 et attaquer le troisième prétendant, le comte Harold élu roi par l’assemblée des notables anglo-saxons. Guillaume prend lui-même à revers, au sud, Harold, vainqueur de Harald, et le bat à Hastings le 14 octobre, quinze jours après son propre débarquement. La traversée de la Manche a duré six heures.

En 1803, Bonaparte, Premier consul, envisage lui aussi de débarquer en Angleterre pour mettre fin aux guerres incessantes avec elle. Il fait rassembler à Boulogne 2 000 navires plats, armés par 20 000 marins, pour transporter en une nuit 150 000 hommes et 9 000 chevaux. L’opération est annulée deux ans plus tard après la défaite de la flotte franco-espagnole, qui devait en assurer la protection, face à l’escadre anglaise de l’amiral Nelson à Trafalgar le 21 octobre.

Au cours du XIXe siècle la rivalité franco-britannique s’exerce par la constitution d’empires coloniaux à travers le monde. La Troisième République utilise la Marine, modernisée par Napoléon III, pour assurer la protection de ses ressortissants de la Tunisie à Madagascar et jusqu’en Indochine. C’est l’époque de la « canonnière », embarcation à fond plat, démontable et pratique pour sillonner les fleuves. Elle donnera son nom à une politique de présence menée par la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis dans leurs colonies et en Chine jusque dans les années 1930.

En 1944, les Alliés refont l’expédition de Guillaume le Conquérant dans l’autre sens et débarquent en Normandie le 6 juin. Eux aussi laissent entendre auparavant qu’ils débarqueront dans le Pas de Calais pour leurrer l’État-major allemand, qui dégarnit partiellement le front de Normandie. L’opération « Neptune » a mobilisé plus de 5 000 navires pour transporter jusqu’au 30 juin 860 000 hommes, 150 000 véhicules et 500 000 t de matériel.

Aujourd’hui, une opération de ce genre, mais de moindre envergure tout de même, engage des bâtiments spécialisés plus grands avec des hélicoptères et surtout des drones, ces engins sans pilotes programmés pour des missions d’hydrographie, de déminage et de renseignement. Sa préparation prend en compte une donnée nouvelle: limiter au maximum les pertes en vies humaines.

Débarquements

Paris, jusqu’au 9 février

Musée national de la Marine

Tél.: 01 53 65 69 69

Fax: 01 53 65 69 65

www.musee-marine.fr

Agenda

Boutique
Div qui contient le message d'alerte
Se connecter

Identifiez-vous

Champ obligatoire Mot de passe obligatoire
Mot de passe oublié

Vous êtes abonné, mais vous n'avez pas vos identifiants pour le site ?

Contactez le service client abonnements@info6tm.com - 01.40.05.23.15