Arsenaux de Marine en France par François Bellec

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À l’occasion du salon Euronaval, les éditions Glénat et le ministère de la Défense ont publié un ouvrage sur l’histoire des arsenaux français jusqu’à l’époque contemporaine.

Le terme « arsenal » vient du mot arabe « dàr’ as san’a », qui signifie « maison où l’on construit ». Au Moyen-Âge, les échanges commerciaux diffus se sont poursuivis entre l’Orient et l’Occident, car « de part et d’autre de la Méditerranée, gens de mer, de science et de culture se haïssaient en s’admirant ». Au début du XIIe siècle, face à la menace turque, Venise construit son arsenal qui, agrandi au cours des temps, deviendra la plus grande entreprise industrielle du monde. Aux XVIe et XVIIe siècles, Pays-Bas, Grande-Bretagne et Russie suivent son exemple. En France, Philippe le Bel ouvre des chantiers à Narbonne et à Rouen à la fin du XIIIe siècle, mais de véritables arsenaux ne sont fondés qu’au XVIIe, en même temps que la Marine. Richelieu classe Brest comme arsenal et port de guerre en 1630. Trente ans plus tard, Lorient (l’Orient) a été constitué pour la Compagnie des Indes et Rochefort remplace Brouage, envasé. Toulon est développé à partir de 1681. Colbert transforme le port de Dunkerque en une base navale stratégique. Une rade artificielle est construite à Cherbourg en 1784. Au cours du XIXe siècle, des chantiers civils voient le jour au Havre, à la Ciotat et à Saint-Nazaire. Les matériaux arrivent de toute la France et même de Pologne, Lituanie, Norvège et Russie.

À l’âge de la voile, les arsenaux sont de véritables complexes industriels, dont les retombées économiques régionales varient au gré du budget de la Marine et des programmes navals. Celui de Brest emploie 9 000 ouvriers sur une population de 30 000 personnes à la veille de la Révolution. Aujourd’hui, la construction d’une frégate furtive de type La-Fayette (3 600 t de déplacement) fait vivre plus de 100 000 foyers modestes.

La Délégation générale de l’armement, créée en 1967 afin de constituer une force de dissuasion nationale interarmées, transforme profondément la construction navale militaire. La Direction des constructions navales, qui en fait partie, s’en sépare en 2003 pour changer de statut et ouvrir son capital à l’actionnariat privé. Aujourd’hui, le nouveau groupe DCNS fonctionne comme une entreprise commerciale et vise à réaliser la moitié de son chiffre d’affaires à l’exportation et aux services.

Le contre-amiral François Bellec, peintre officiel de la Marine, ancien du directeur du musée national de la Marine et président en exercice de l’Académie de Marine, retrace avec brio les évolutions des arsenaux en France. Son livre, très documenté, présente harmonieusement gravures d’époque, peintures et photographies.

Arsenaux de Marine en France

par François Bellec

Éditions Glénat, Chasse-marée, ministère de la Défense

224 pages/39 €

ISBN: 978 2 35 357 034 8

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