Piraterie, 15 M$ pour le Sirius-Star

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C’est ce qu’a déclaré le 24 novembre à l’agence Reuters le chef islamiste Abdirahim Isse Adow, dont les hommes se trouvent dans la région de Haradheere où mouille le Sirius-Star depuis sa capture le 15 novembre. Les pirates l’ont éloigné à 100 km de la côte, après le raid récent d’une milice islamiste dans le port pour trouver les auteurs du détournement. Abdirahim Isse Adow, qui représente l’Union des tribunaux islamistes, affirme que ses hommes cherchent les pirates pour les obliger à restituer le Sirius-Star, navire « musulman » propriété du groupe pétrolier saoudien Aramco. Selon lui, « la première étape est de couper les liaisons entre les pirates qui sont à terre et ceux qui sont à bord en réduisant leur approvisionnement et en interrompant leurs communications ».

Toujours le 24 novembre, l’agence officielle yéménite Saba a annoncé la prise de contrôle du cargo yéménite Adina dans le golfe d’Aden, par des pirates somaliens qui exigent une rançon de 2 M$. Le navire, chargé de 507 t d’acier, appartient à l’armement Abou Talal et compte sept membres d’équipage.

Des réactions mitigées

Le 24 novembre, le gouvernement iranien s’est déclaré prêt à recourir à la force, le cas échéant, contre les pirates qui ont capturé un navire iranien la semaine précédente. Le lendemain au Kenya, le général William Ward, commandant de l’armée américaine pour la région Afrique, a déclaré à la presse que les États-Unis craignent que les pirates somaliens n’aient noué des liens avec des groupes terroristes, mais ne disposent pas encore de preuve. Il a expliqué que la communauté internationale prend très au sérieux la piraterie, question complexe qui exige une réponse collective.

Quelques jours plus tôt, l’Otan a indiqué qu’elle continuera à patrouiller dans la zone, mais a rejeté les appels de Moscou en faveur d’attaques des bases terrestres des pirates par des forces internationales. La Russie va alors renforcer sa présence navale au large de la Somalie. En outre, la Commission de l’Union africaine estime que l’ONU devrait envoyer d’urgence des casques bleus en Somalie pour porter un coup d’arrêt à la guerre civile, qui alimente la piraterie dans l’océan Indien et dans le golfe d’Aden. De son côté, l’Égypte, qui a le plus à perdre si les compagnies maritimes préfèrent la route du cap de Bonne Espérance à celle du canal de Suez, ne semble pas envisager de réponse militaire dans l’immédiat. Elle souhaite seulement empêcher les pirates d’agir en mer Rouge, sa sphère d’influence. Enfin, les représentants des pays riverains (Djibouti, Égypte, Jordanie, Arabie Saoudite, Somalie, Soudan et Yemen) réunis au Caire le 20 novembre, n’ont proposé que l’entraînement en commun de leurs garde-côtes et la création d’un centre d’information sur la piraterie.

L’Allemagne inquiète

L’Association des armateurs allemands a demandé au gouvernement fédéral d’autoriser les bâtiments sur zone à employer la force contre les pirates somaliens. Actuellement, les bâtiments allemands n’ont même pas le droit de poursuivre des pirates qui abandonnent l’attaque d’un navire marchand. Ils ne peuvent recourir à la force que dans des circonstances exceptionnelles. De son côté, l’Association des officiers des forces armées en retraite propose d’y embarquer des policiers pour agir plus efficacement contre les pirates. La constitution allemande interdit strictement l’emploi des forces armées dans des actions de maintien de l’ordre civil, ce qui explique la lenteur de la réaction du gouvernement à la lutte contre la piraterie. Toutefois, celui-ci s’est engagé à le demander au Parlement en décembre.

Michael Hogan

Selon une source gouvernementale allemande qui a souhaité garder l’anonymat, l’Allemagne pourrait envoyer 1 400 personnels dans le golfe d’Aden dans le cadre de l’opération anti-piraterie de l’Union européenne. De plus, des militaires pourraient servir à bord de navires marchands pour les protéger des attaques.

N.D.L.R.

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