L’Enim (Établissement national des invalides de la marine) a démarré en mai 2006 un audit sur le classement catégoriel des marins. Un rapport de Bruno Baraduc propose une synthèse des 20 catégories existantes aujourd’hui à huit catégories. Au cours des deux années, les partenaires sociaux ont eu l’occasion de se rencontrer et d’échanger autour de ce thème. « Il semble qu’il y ait un consensus sur la nécessité de revoir le système en place », indique Bruno Le Bolloc’h, directeur de l’Enim. « Au cours des derniers mois, nous avons présenté nos propositions à l’administration, indique Alain Merlet, secrétaire général de la FNSM CGT. Lors de la présentation de ce rapport, nous n’avons pas retrouvé nos échanges. Nous sommes fortement déçus. » Les syndicats ont donc décidé de quitter la salle, faute de pouvoir rencontrer le directeur de l’Enim. Ils ont demandé une réunion sur ce thème avec le directeur de l’Enim. Selon les représentants des syndicats, « nous ne sommes pas opposés à cet assainissement catégoriel à condition qu’il ne se fasse pas au détriment des retraites des marins. » Sans vouloir minimiser le conflit, Bruno Le Bolloc’h relativise la situation. « Le contexte dans lequel intervient ce rapport est délicat. Nous sommes dans une phase de changement de statut qui s’avère délicate. Ce rapport propose des solutions, notamment sur le classement catégoriel. Il offre, en plus, un coup de pouce aux dernières catégories sans que les marins ne voient leurs droits acquis remis en cause », rappelle Bruno Le Bolloc’h. Considérant le document de Bruno Baraduc, le directeur de l’Enim souligne qu’il faut le considérer comme une base. Il se dit prêt à rencontrer les organisations syndicales. « La porte des négociations n’est pas fermée. Ensuite nous ferons des choix. » Alors, les délais souhaités par le gouvernement pour une application en 2009 ne seront pas tenus. Le directeur veut aussi laisser du temps aux armateurs pour adapter leur système informatique et la nouvelle classification dans leurs sociétés.
Derrière les débats de ce rapport, se profilent aussi les changements inhérents à l’établissement. L’Enim demeurera un établissement public mais sera doté d’un conseil d’administration et non plus un conseil supérieur. Ces modifications sont en cours et pourrait intervenir au printemps prochain. De plus, le gouvernement a décidé de délocaliser l’Enim à La Rochelle. « Nous sommes opposés à cette délocalisation. Nous souhaitons laisser la maison comme elle est en ce moment », s’indigne Alain Merlet. Une délocalisation qui ne fait pas l’unanimité.