C’est le point noir, l’épine dans le pied du remorquage au port du Havre. Phénomène encore singulier dans le paysage portuaire français, l’activité est assurée par deux compagnies: l’Espagnol Boluda, qui a acquis l’an dernier Les-Abeilles, ainsi que la Société nouvelle de remorquage du Havre (SNRH), filiale de Kotug. L’arrivée d’un deuxième opérateur, fin 2006, a eu une conséquence directe: Boluda a perdu environ 30 % de ses parts de marché. Du coup, la direction du groupe vient de mettre en marche un plan de réduction des effectifs navigants. Les coques Boluda emploient aujourd’hui 176 marins et officiers, la direction veut réduire d’un peu plus de cinquante le nombre de navigants. Pour l’heure, le personnel de la compagnie a choisi la voie de la négociation pour tenter de parvenir à un accord qui pourrait se traduire par des mesures d’âge pour les marins et officiers approchant de cinquante-cinq ans, âge de départ à la retraite pour ces deux catégories de personnel. Les premières réunions de négociation ont débuté le 27 octobre entre la direction et les organisations syndicales.
Boluda investi au Havre
Depuis décembre 2007, les remorqueurs de la société des « Abeilles » au Havre sont passés sous la bannière du groupe espagnol Boluda, numéro deux mondial du remorquage avec deux cents unités sur trois continents. « Notre politique est simple, offrir à nos clients une qualité de service irréprochable », explique Denis Monserand, directeur général de Boluda France. Le groupe espagnol a investi au Havre avec l’arrivée ces derniers mois de trois nouveaux remorqueurs, le VT-Octeville, le VT-Yport et le VT-Trouville soit une enveloppe globale de 20 M€. Ces navires développent une puissance de 70 t. Ils sont également équipés d’un système de lutte contre l’incendie appelé FiFi 1, un équipement qui leur permet d’avoir un débit de 1 200 m3. Le VT-Trouville est équipé d’un treuil destiné à faire de l’assistance en haute mer. Pour François Leray, le responsable des opérations armement au Havre, ce renouvellement de la flotte qui aujourd’hui comporte neuf coques plus une de réserve, correspond notamment à une volonté d’adaptation au trafic des gros porte-conteneurs de Port 2000. « Nous disposons au Havre d’une flotte qui a une moyenne d’âge de cinq ans (…). Sur les dix dernières années, le port du Havre aura reçu près de dix remorqueurs neufs », indique Denis Monserand. Et la concurrence? Pour le directeur général de Boluda France, le marché est partagé et les positions évoluent peu. « Nous avons 65 % de part de marché au Havre, notre concurrent 35 %. » François Leray, quant à lui, rappelle que le trafic maritime dans son ensemble a progressé en 2007 de 10 % par rapport à l’année précédente. Un motif de satisfaction malgré le manque à gagner généré par les grèves du printemps dernier.