La crise financière qui sévit actuellement peut avoir des effets bénéfiques. Et ces effets ne sont pas toujours ceux auxquels on s’attend. La baisse de la demande devrait faire chuter les taux de fret, même si certains écrivent parfois, par erreur, le contraire. Philippe Louis-Dreyfus, dans un entretien aux Échos, nous explique les avantages que le secteur pourrait tirer de la crise. Au premier rang desquels apparaît « l’annulation de la commande de navires faute de financement ». Et il va plus loin en tablant sur l’annulation d’une commande sur trois dans les prochains mois. En outre, l’arrêt de ces constructions neuves pourrait « tuer dans l’œuf les ambitions des chantiers asiatiques qui avaient obtenu des commandes avant même d’exister ». Enfin, cette crise pourrait entraîner le ferraillage de nombreux navires, remis à plus tard pendant les années fastes. Autant de bénéfices qui ne suffiront pas, selon Philippe Louis-Dreyfus, à résorber entièrement la crise. La lame de fond financière qui s’abat sur le monde maritime devrait, malgré tout, produire un bénéfice non négligeable. Elle pourrait nettoyer en profondeur un secteur qui a vu naître des profiteurs aux desseins parfois peu recommandables pendant ces mois glorieux. En cela, la crise a du bon.
Édito
Une lame de fond financière
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