Le 14 octobre, les garde-côtes du Puntland ont repris le contrôle du cargo panaméen Wail, capturé quatre jours plus tôt par des pirates. Le Wail, qui transportait une cargaison de ciment d’Oman à Bosasso (Somalie), compterait 11 membres d’équipage, dont 9 Syriens et 2 Somaliens. Les garde-côtes l’avaient encerclé le 12 octobre et saisi leurs deux vedettes rapides. Une fusillade avait fait un mort dans chaque camp et plusieurs blessés.
Le 10 octobre, le cargo Dianat de l’Islamic Republic of Iran Shipping Lines et ses 29 membres d’équipage, interceptés le 21 août au large de la Somalie, ont été libérés, selon l’agence officielle iranienne Irna. Celle-ci ne donne aucune indication sur le versement d’une rançon de 2 M$, qui aurait été accepté par les pirates dès le 8 septembre (JMM 12-9-2008, p. 5). Le 9 octobre, des pirates somaliens ont relâché le chimiquier Irene, détourné le 21 août et appartenant à des intérêts japonais, en échange d’une rançon de 1,6 M$. En revanche à l’heure où nous mettions sous presse, le cargo ukrainien Faina, chargé d’armes et détourné le 25 septembre dans le golfe d’Aden, serait toujours aux mains de pirates somaliens.
Coopération internationale
Le 14 octobre, l’Union européenne a décidé de protéger les navires de commerce et du Programme alimentaire mondial (Pam) au large des côtes somaliennes et d’y combattre la piraterie. Une force navale, composée de trois frégates, d’un navire de ravitaillement et de trois bâtiments de surveillance, sera mise sur pied en décembre et placée sous le commandement du vice-amiral britannique Philip Jones avec son quartier général à Northwood (Royaume-Uni). Le Pam a en effet besoin d’une escorte armée pour acheminer son aide humanitaire à 2,4 millions de personnes en Somalie. À sa demande, sept frégates de l’Otan, qui devaient participer à des manœuvres dans la région du canal de Suez, doivent arriver au large de la Somalie vers le 24 octobre.
Enfin, le 13 octobre, le Nigeria et le Cameroun ont décidé de coopérer pour protéger leurs frontières terrestres et maritimes contre les attaques de rebelles et de pirates et lutter contre les trafics d’armes, de drogue, de produits pétroliers et d’êtres humains. Une organisation transfrontalière organisera des patrouilles communes, échangera des renseignements et lancera des opérations conjointes de secours et de recherches. Cette décision fait suite à l’attaque, le 28 septembre, de la ville côtière camerounaise de Limbe où des assaillants ont débarqué de vedettes rapides pour dévaliser quatre banques, tuant une personne. Au Nigeria, des rebelles utilisent aussi des vedettes rapides pour attaquer des navires et des plates-formes offshore très au large dans le golfe de Guinée.