Un détachement militaire somalien a pris d’assaut le 22 avril un navire des Émirats arabes unis, capturé la veille par des pirates à 7 km au large du port de Bosasso dans le golfe d’Aden.
Les 16 membres d’équipage d’origine asiatique ont débarqués sains et saufs, accompagnés de 7 pirates enchaînés dont certains étaient blessés. Le navire, dénommé Al-Khalij, transportait des denrées alimentaires et des voitures destinées à la vente en Somalie. Sa coque et quelques voitures portent des impacts de projectiles. Abdoullahi Said Samatar, ministre de la province autonome du Puntland, a déclaré au cours d’une conférence de presse que les pirates seront jugés et risquent la peine de mort.
Deux autres navires ont été attaqués par des pirates dans la région. Le 21 avril, le pétrolier japonais Takqayama de 150 000 tpl, appartenant à l’armement NYK, a été pris pour cible par des tirs de pirates présumés à 440 km au large d’Aden. Aucun des 23 membres de l’équipage n’a été blessé, mais les impacts de balles dans la coque ont provoqué une brèche, rapidement colmatée, qui a laissé échapper quelques centaines de litres de pétrole en mer. En revanche le 20 avril, le thonier espagnol La Playa-de-Bakio a été attaqué au lance-grenades à 250 miles de la côte avant d’être pris à l’abordage par des hommes armés, alors qu’il pêchait au large de la Somalie. L’équipage, composé de 13 Espagnols et de 13 Africains tous sains et saufs, a été débarqué le 22 avril en Somalie. Le gouvernement espagnol a envoyé une frégate sur zone et demandé l’aide des États-Unis et de la France, présents militairement dans la région. Le Puntland a déjà envoyé des soldats sur place. D’autre part selon des informations plus récentes, la partie de la rançon récupérée lors de la capture de six pirates au cours du détournement du trois-mâts français Le-Ponant (4-11 avril), se monterait à 200 000 $ (135 855 €), soit environ 10 % de la somme payée par son armateur CMA CGM.
Un projet de résolution de lutte contre la piraterie maritime sera incessamment soumis au Conseil de sécurité des Nations unies par la France et les États-Unis avec le soutien de la Grande-Bretagne, autorisant des pays tiers à agir en Somalie et ailleurs dans le monde (voir p. 13). Selon l’ambassadeur de France à l’ONU Jean-Maurice Ripert, il s’agit de donner un mandat aux États membres de l’ONU pour prendre des mesures préventives (patrouilles), et non de créer une force d’intervention sous pavillon des Nations unies.