L’incident, qui s’est produit le 6 janvier à 04 h 00 GMT, a été annoncé par la chaîne de télévision CNN et confirmé par les autorités américaines. Selon le Pentagone, les cinq vedettes armées des forces paramilitaires « gardiens de la Révolution » ont tourné autour des bâtiments à moins de 200 m et, de l’une d’elles, le message radio suivant a été émis: « Je me dirige vers vous. Vous allez exploser dans quelques minutes ». Le commandant d’un des bâtiments américains a annulé in extremis l’ordre de tirer quand les vedettes se sont éloignées. L’incident a été condamné par la Maison Blanche et reconnu par le ministère iranien des Affaires étrangères, selon lequel ce n’est pas le premier du genre et qu’il s’est résolu de lui-même après identification des deux parties. Cet incident s’est produit à quelques jours de la visite du Président américain George Bush au Proche-Orient (Israël, Territoires palestiniens et Égypte) et dans les pays du Golfe (Arabie saoudite, Koweit, Bahreïn, Émirats arabes unis). Il a immédiatement provoqué une hausse momentanée de 49 cents (0,33 €) à 98,40 $ (66,99 €) du prix du baril de pétrole brut.
Selon les analystes, une attaque américaine contre l’Iran pourrait inciter celui-ci à bloquer le détroit d’Ormuz avec de graves conséquences économiques dans le monde. En 2006, d’après les statistiques de Lloyd’s Marine Intelligence Unit, l’Arabie Saoudite a fait transiter 88 % de ses exportations pétrolières dans le détroit d’Ormuz, l’Iran 90 %, l’Irak 98 %, la Fédération des Émirats arabes unis 99 %, le Koweït 100 % et le Qatar 100 %. En outre parmi les pays importateurs, la part du Japon a atteint 26 % du volume total de brut qui y a transité (85 % de ses besoins), celle de la Corée du Sud 14 % (72 %), celle des États-Unis 12 % (65 %), celle de l’Égypte 8 % dont la plupart est réexportée vers d’autres pays, celle de la Chine 8 % (34 % de ses besoins), celle de Singapour 7 %, celle de Taïwan 5 %, celle de la Thaïlande 3 % et celle des Pays-Bas 3 %.