Après 18 jours de grève sur les terminaux pétroliers de Lavéra, les salariés du port ont remporté une victoire. Gaz de France a plié et a accepté l’emploi de cinq salariés sur le futur terminal GDF 2. À l’annonce de la décision, les dirigeants portuaires français font les comptes. Que va-t-il advenir des projets de terminaux gaziers français? Au Havre et à Bordeaux, les ouvriers portuaires demanderont aussi des emplois sur ces installations? Jusqu’au bout, le préfet et la direction de GDF n’ont eu de cesse d’assurer que, pour des raisons de sécurité, il était impossible d’avoir une mixité des équipes sur le futur terminal, ce qui, curieusement, existe de fait et de tout temps sur l’ensemble des quais.
Localement, il laisse présager des négociations difficiles sur les conditions de travail du futur terminal Fos 2XL.
Nationalement, il écorne une fois de plus la fiabilité portuaire française et pourrait se répandre comme une tâche d’huile en mer.
Au-delà de ce conflit, la gestion de la crise a démontrer encore une fois les relations tendues entre autorités portuaires et salariés. Commencé dans l’anonymat, ce conflit s’est enflammé brutalement. Il a fallu attendre presque deux semaines pour voir réagir, au niveau national, les principaux acteurs impliqués dans la place portuaire. La colère des patrons portuaires s’est dirigée contre les agents du PAM et la CGT accusés de prétentions suicidaires et idéologiques. L’Ufip, pour les pétroliers, l’UIC pour les industries de la chimie, ont patienté plusieurs jours avant de s’alarmer de la dérive du mouvement. Quant à la tutelle, son action a été discrète. Tellement, qu’aucun commentaire ni des autorités politiques en place ni des différents candidats à l’élection présidentielle n’a filtré. La seule intervention, à en croire des sources portuaires, serait venu de Matignon le veille du dénouement pour faire plier Gaz de France.
Au final, la CGT a mis un coin dans la porte et donne le la pour les négociations à venir sur les nouveaux terminaux qu’ils soient gaziers ou autres.