Avec 337 000 t en 2006, le port du Légué affiche un léger repli conjoncturel (− 1,45 %) par rapport à 2005. Ce qui n’entache en rien la progression constante enregistrée depuis 2001.
"Nous avons enregistré moins d’escales qu’en 2005 (212 contre 225), mais les navires ont augmenté en taille avec un tonnage moyen de 1 590 tonneaux", commente Alain Le Roux, directeur de la division des établissements gérés par la CCI de Saint-Brieuc. En résumé, moins d’escales, mais un volume taxable qui affiche 15 % de mieux. L’analyse des résultats indique par ailleurs que le port du Légué exporte moins qu’il n’importe, dans la proportion approximative d’un tiers/deux tiers. Les performances du Légué sont à souligner dans un contexte où le port a su contrecarrer une importante baisse d’importation de bois (− 28 %) par d’autres activités.
Importées principalement des pays scandinaves, les traverses de bois ne totalisent en effet que 37 300 t en 2006 contre 51 700 t en 2005. La CCI avance notamment comme explications des problèmes fiscaux apparus dans les pays nordiques et la forte demande chinoise.
Colis lourds et bobines d’acier
Comptant 33 navires, la navigation côtière totalise 28 521 t de produits de bornage (27 583 t de coquilles brisées et 938 t de sables et graviers). Les 179 escales de cabotage international ont fait sortir 28 707 t de ferrailles, 29 770 t de sables et graviers, 35 200 t de kaolin et 6 680 t de kerphalite ou minerai réfractaire.
Plus importantes et plus variées, les entrées ont concerné 90 000 t de tourteaux de colza, 14 000 t de tourteaux de tournesol, 26 627 t d’ammonitrates, 18 505 t d’engrais nitrés, 8 818 t d’engrais potassiques, 3 684 t de sulfate de magnésie, 1 200 t de sable d’olivine, 4 812 t de kaolin, 37 292 t de traverses de bois, 1 618 t de bois à papier et 2 700 t de bobines d’acier. À noter que ce dernier poste constitue un nouveau trafic. "Trois navires ont été affrétés par la société Chaînearmor pour le transport de fils d’acier destinés à la ferraille pour le bâtiment et le BTP", indique Alain Le Roux. Au chapitre des nouveaux trafics, on note également l’arrivée de colis lourds, une première au Légué qui a ainsi déchargé de gros tronçons d’éoliennes.
Les récents travaux réalisés sur le port du Légué ont déjà déplacé les trafics qui se réalisent désormais à 70 % dans l’avant-port. Et ce n’est sans doute pas fini puisque tout ce bassin, aujourd’hui encore sujet aux contraintes d’un port à échouage, sera à flot dans un proche avenir grâce à la construction d’une écluse.
De quoi pouvoir accueillir des navires plus grands dans de meilleures conditions et booster les trafics portuaires du Légué.
Stopper l’hémorragie des trafics à Saint-Malo
Avec 1,1 million de passagers en 2006, le trafic baisse, aussi bien sur la Grande-Bretagne que vers les Îles Anglo-Normandes. Outre la morosité générale du marché des passagers en transmanche, les rotations vers Jersey et Guernesey, quant à elles, ont souffert de la disparition d’Emeraude Jersey Ferries avec une perte d’environ 100 000 passagers. L’arrivée de deux nouvelles compagnies, Corsaire et HD Ferries (JMM 12-01-2007, p. 13), devrait permettre de reconquérir la clientèle.
Pour le fret, véhicules inclus, le port subit le contrecoup des difficultés rencontrées sur les Îles anglo-normandes. Avec 1,2 Mt, il perd plus de 600 000 t par rapport à 2005. Depuis le 1er janvier, le port de commerce vit à l’heure de la régionalisation et la CCI, gestionnaire du site, prévoit des investissements stratégiques afin de “consolider ses points forts”. Elle prévoit des investissements de l’ordre 8,5 M€, à commencer par la quai Charcot dont les travaux vont débuter cette année pour s’achever en 2008 (un nouveau quai de 280 m de long, offrant également 22 000 m2 de terre-plein). Il sera principalement utilisé par la Timac pour ses exportations vers les Îles Britanniques. Coût du chantier: environ 5 M€e, financé pour un tiers par la CCI, le reste étant couvert par la Timac (13,5 %) et les collectivités locales. Un autre chantier est encore à l’étude: la création d’une plate-forme logistique pour les activités de l’avant-port (les magasins et le stockage des camions et des remorques). Un élévateur à bateaux est toujours prévu pour le pôle naval.