Plusieurs réformes sont à l’ordre du jour dans le domaine de l’enseignement maritime. Le président de l’amicale des professeurs de l’enseignement maritime, Claude Wolff, a rencontré au Havre, à la mi-janvier, les principales associations d’officiers de la marine marchande. Pour le responsable, il s’agissait avant tout de faire le point sur les textes. La suppression du corps des professeurs de l’enseignement maritime et le transfert des écoles nationales de la marine marchande (ENMM) dans le giron des régions suscitent le scepticisme et même l’inquiétude.
Claude Wolff a rappelé que les écoles disposent actuellement d’un effectif de 77 enseignants en France. Il s’inquiète du sous-effectif et indique au passage que depuis 2006, le recrutement de nouveaux professeurs a été interrompu. Or la marine marchande a plus que jamais besoin de jeunes officiers. "Il existe une véritable pénurie au sein des grands armements. Cette pénurie mondiale devrait atteindre un déficit record de 40 000 officiers d’ici à cinq ans. La pyramide des âges des officiers devrait renforcer la tendance." Alors, pourquoi vouloir supprimer le corps des enseignants maritimes? Claude Wolff avance une explication. "Les professeurs ont aujourd’hui un statut militaire qui donne entière satisfaction. Or dans une logique de réduction des coûts de la fonction publique, l’État veut désormais fusionner ce corps avec celui des administrateurs des affaires maritimes… Ce sont deux corps qui n’ont pas la même origine." Pour étayer sa démonstration, le président de l’association rappelle que 83 % des administrateurs des Affaires maritimes ont une formation juridique alors que les enseignants des ENMM sont dans leur grande majorité d’anciens navigants de la marine marchande ou de la marine nationale ce qui constitue, selon Claude Wolff, une des clefs de la réussite de l’enseignement décerné. La régionalisation des écoles, qui est en principe instituée par la loi d’août 2004, n’est toujours pas entrée en application. Là encore, les associations craignent une différence de traitement suivant les régions, une remise en cause des diplômes délivrés et la suppression de la dénomination "nationale".